---
Title: 1er Mai. Hier : élan international de subversion ; aujourd'hui : célébration de notre soumission
Description: Éditorial sur le premier Mai, jadis journée internationale de lutte ouvrière, devenu sous le capitalisme décadent une fête du travail salarié encadrée par les partis de gauche et les syndicats.
Date: 01/05/1978
Category: Alarme n.º 1
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1978-05-1er-mai-hier-elan-international-de-subversion
---


*Alarme*, n° 1, mai-juin-juillet 1978 (p. 1-2). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n01.pdf)

Défilés mornes, manifs enterrements, barrières des gros bras du service d'ordre imposant la docilité à ceux qui, entourés par elles, deviennent de sages moutons bêlant en coeur: c'est le premier Mai. Comme chaque année, le premier Mai qui était jadis une journée de lutte du travail, dans le sens du travail opposé au capital, et qui est aujourd'hui la fête du travail aliéné, la célébration de l'exploitation par le travail salarié, se déroule dans la tristesse et l'ennui organisé par tous les chiens de garde du capital, partis de "gauche" ou "d'extrème gauche" et syndicats.

Dans le passé, le premier Mai était le jour où le spectre du communisme prenait corps pour toutes les bourgeoisies du monde, le jour où la classe ouvrière se levait pour crier qu'elle était présente internationalement et prête à agir en semant la subversion partout où elle était. La journée de lutte du premier Mai avait été instaurée par les partis ouvriers de l'époque dans le but de pousser l'ensemble de la classe à prendre conscience d'elle-même en tant que classe internationale, solidaire et forte, face aux classes bourgeoises nationales. Elle avait été marquée dès sa naissance par le sang ouvrier. Elle fut instituée comme sorte de commémoration protestataire d'une fusillade contre une manifestation à Chicago et de l'exécution de cinq anarchistes, inculpés d'y avoir lancé une bombe sur la police. De nombreux noms rappelant des évènements sanglants jalonnent l'histoire de la journée de lutte du premier Mai, tel que celui de Fourmies-1891.

Le passage du capitalisme de l'époque de son ascension à celle de sa décadence a complètement faussé le symbolisme que s'était forgé le mouvement ouvrier du siècle dernier et du début du XXème siècle. Les forces contre-révolutionnaires s'en sont emparé et l'ont tourné contre le prolétariat. Drapeau rouge et premier Mai ne sont que deux symboles parmi tant d'autres récupérés par le capitalisme. Aujourd'hui, la subversion ne se fera que contre ce symbolisme désuet qui entrave notre lutte car désormais utilisé contre elle.

Ce n'est pas un premier Mai bidon qu'il nous faut, mais par exemple, pour montrer que nous ne sommes pas dupes du jeu des forces anti-ouvrières, un 30 Avril ou un 2 Mai, peu importe. Cette journée, que nous devons nous garder de mythifier et de figer, dresserait à nouveau l'étendard de la révolte en donnant la preuve d'une prise de conscience dans la classe ouvrière de la réalité des forces qui prétendent combattre pour son émancipation et qui en vérité défendent le capital contre tout progrès social, progrès social qui ne peut avoir lieu aujourd'hui que par la révolution communiste à la tête de laquelle se trouvera le prolétariat international, retrouvant enfin une fierté qu'il a perdue.
