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Title: Espagne : fausse radicalité de la C.N.T. pour mieux tromper le prolétariat
Description: Lors de la grève des pompistes de septembre 1978, la CNT soutient une grève interdite pour récupérer les ouvriers les plus combatifs sur le terrain des revendications, tandis que CCOO et UGT fournissent des briseurs de grève.
Date: 01/10/1978
Category: Alarme n.º 2
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1978-10-espagne-fausse-radicalite-de-la-c-n-t
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*Alarme*, n° 2, octobre-novembre-décembre 1978 (p. 15). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n02.pdf)

Le 1er Septembre, une grève des pompistes a, de nouveau et pour la troisième fois en un an, éclaté en Espagne. Cette grève est fortement suivie puisqu'il semble qu'environ 75 à 80 % des stations-service de Barcelone sont fermées. D'autre part, il y a des mouvements de solidarité chez les pompistes de Madrid, Valence, Burgos et Séville. La grève, interdite par l'Etat "démocratisé", est soutenue par la CNT (centrale anarcho-syndicaliste). Cela peut paraitre surprenant de la part d'une organisation qui fut capable durant la grève des pompistes en Octobre dernier de lancer les mots d'ordre de "Luttons: -pour un salaire digne -contre le chômage".

"Pour un salaire digne", voilà quelque chose de bien contradictoire et un mot d'ordre qui trimbale avec lui des illusions dangereuses. Comment le salariat pourrait-il devenir digne? Comment l'exploitation, l'oppression pourraient-elles être dignes pour ceux qui les subissent? Comment un individu considéré et traité comme une marchandise (et c'est ce qu'est un ouvrier, ni plus ni moins) pourrait-il, tant qu'il reste marchandise, éprouver de la dignité? Mais de cette mystification, la CNT n'en a cure. Quant à "lutter contre le chômage", qu'est-ce, sinon réclamer un capitalisme qui marche bien? Par ce simple aperçu des mystifications qu'entretient la CNT sur la nature du système capitaliste et de ses tentatives de dévoiement de la lutte ouvrière pour des objectifs de lutte anti-crise, on peut se rendre compte que la CNT n'est rien d'autre qu'un organisme de mystification du capitalisme au sein de la classe ouvrière. Mais alors, pourquoi ce soutien à une grève interdite, la CNT semblant ainsi se dresser contre le gouvernement? C'est parceque, dans le cas de la CNT, sa pratique est en ce moment très simple mais très efficace, vu le nombre d'ouvriers combattifs qui se laissent embrigader dans ses rangs: soutenir les actions les plus radicales de la classe ouvrière espagnole de façon à récupérer les éléments les plus radicalisés pour les remettre "dans le droit chemin anarcho-syndicaliste", c'est-à-dire sur le chemin des revendications trompeuses du type de "Luttons: -pour un salaire digne -contre le chômage".

Quant aux autres syndicats, "Commissions Ouvrières" (CC.OO., "communiste") et U.G.T. ("socialiste"), leur rôle est clair dans cette grève des pompistes. Le comité de grève a dénoncé le fait que les CC.OO. et l'U.G.T. se sont engagés à fournir des briseurs de grève pour remplacer la police qui avait été réquisitionnée pour assurer la distribution d'essence.
