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Title: Iran
Description: Les événements d'Iran ne sont pas une révolution mais une lutte interclassiste pour un changement de gouvernement, que les révolutionnaires doivent analyser sans illusion démocratique ni nationaliste.
Date: 01/01/1979
Category: Alarme n.º 3
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1979-01-iran
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*Alarme*, n° 3, janvier-février-mars 1979 (p. 15). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n03.pdf)

Voilà, une fois de plus, que l'on parle de "révolution" là où il n'y a qu'une simple agitation confuse visant à un changement de gouvernement sans du tout de mise en cause des rapports sociaux, là où il n'y a qu'une lutte toutes classes et tendances confondues contre un gouvernant dont la dictature sanglante n'est en réalité que l'une des expressions de la dictature du capital, lutte visant à l'établissement d'une démocratie (islamique de surcroit dans le cas de l'Iran), autre expression de la dictature du capital mais cette fois théoriquement mieux consentie par tous car soi-disant voulue par les citoyens. En Iran comme ailleurs, on ne pourra parler de révolution que lorsque les rapports sociaux capitalistes seront remis en question, que lorsque le prolétariat combattra pour son émancipation à la fois le régime gouvernemental mais également tous ceux qui représentent un danger quelconque pour la révolution: que ce soient les religieux prêts à se transformer en inquisiteurs pour la sauvegarde des principes absolus de la foi ou que ce soient les laquais du Kremlin à l'affût derrière leurs mensonges d'"indépendance nationale". En Iran comme ailleurs, il n'est pas question et ne peut pas être question pour les révolutionnaires de lutter "pour la démocratie" ou de laisser croire que cette lutte puisse apporter au prolétariat de quelconques avantages sociaux.

Par ailleurs, dans cette affaire iranienne, les révolutionnaires doivent se garder d'analyser les événements sans tenir compte de la particularité religieuse du chiisme et de la diversité des peuples qui forment l'Iran. Ainsi, sorti de son contexte, le slogan écrit sur les murs de la ville pétrolifère d'Abadan: "USA, URSS, Iran: nos ennemis" peut paraitre très radical. Ce slogan, pourtant, est presque sans aucun doute lié soit à la question nationale, l'Iran étant composé d'une mosaïque de peuples, soit au chiisme pour qui seul le pouvoir religieux international a droit d'existence. En tout cas, ce slogan n'a rien de révolutionnaire en soi.

Les événements qui se déroulent en Iran peuvent, bien que cela soit extrèmement difficile vu la puissance des mystifications aujourd'hui répandues dans les pays sous-industrialisés et tout particulièrement en Iran, engendrer une radicalisation de la classe ouvrière; mais à ce jour, on ne voit guère en Iran de prolétariat agissant révolutionnairement.
