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Title: U.S.A. : extraits d'un article d'un camarade américain paru dans « Search and Destroy »
Description: Sur la grève nationale des chemins de fer américains de 1978, la rébellion de la jeunesse ouvrière contre le travail et le rôle policier des syndicats.
Date: 01/01/1979
Category: Alarme n.º 3
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1979-01-usa-extraits-d-un-article-d-un-camarade-americain
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*Alarme*, n° 3, janvier-février-mars 1979 (p. 14). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n03.pdf)

*Extraits d'un article d'un camarade américain, paru dans la revue "Search and Destroy" en Novembre 1978.*

La récente grève des chemins de fer a été taxée, par le patronat, d'illégale et sauvage, et de menace pour toute l'industrie. La grève minière (charbon) et la série de grèves de l'été ont eu pour point culminant la grève nationale des chemins de fer en Septembre et ont posé, pour la première fois depuis plusieurs décennies, le problème du Travail et de la Classe Ouvrière. Le travail est fastidieux, et parcequ'il l'est, les jeunes ouvriers le haïssent. Les ouvriers qui l'acceptent sans se rebeller deviennent de plus en plus rares. C'est pour cela que la productivité a tellement baissé aux Etats Unis, que l'absentéisme est à un niveau si élevé et que les ouvriers, insatisfaits, vont d'un travail à un autre. Ce serait une grande erreur que de se couper de cette jeunesse ouvrière sous prétexte qu'elle n'est pas encore assez rebelle. Au lieu de s'éloigner d'elle, nous, rebelles, nous devons approfondir sa rébellion. Certains prétendent qu'appuyer les ouvriers en grève, c'est, de fait, aider les syndicats. Mais, en réalité, aujourd'hui, les ouvriers des chemins de fer et beaucoup d'autres ne se mettent pas en grève parceque le syndicat leur a ordonné de le faire. Ils se mettent en grève pour s'affronter à leurs patrons. Durant les grèves des chemins de fer, des mines, et bien d'autres encore, la direction syndicale avait été du côté des patrons, et les ouvriers le savent. La majeure partie des ouvriers méprise toute direction syndicale; ils connaissent mieux que personne la corruption de leurs membres. Ils savent que les dirigeants syndicaux sont des agents des entreprises et c'est pourquoi la plupart des ouvriers ne vont pas aux meetings convoqués par les syndicats. En revanche, ils n'hésitent pas à déclarer la grève. Et quand ils le font, les attaquer pour ne pas avoir complètement rompu avec les syndicats est une lâcheté, particulièrement maintenant, alors que débute un nouveau mouvement des ouvriers. Cette rupture, il s'agit de la favoriser par tous les moyens toutefois.

La grève nationale ferroviaire s'est achevée le 30 Septembre, lorsque le dirigeant syndical F.J.Kroll a ordonné aux ouvriers de reprendre le travail. Ainsi s'est posé une nouvelle fois le problème des syndicats. Les dirigeants syndicaux s'étaient efforcés de briser la grève minière tout le temps qu'elle avait duré. La grève des chemins de fer, elle, a effectivement été brisée par les syndicats.

Le rôle des syndicats et de ses dirigeants est de contenir et de réprimer la rébellion de la classe ouvrière. Les syndicats existent en qualité de police des usines. Ils sont un bras du gouvernement qui agit au service du capital. Quand il se produit une grève, ils la bloquent ou bien la prennent en charge pour la trahir. Croire que les travailleurs peuvent réformer les syndicats en se débarassant des directions corrompues est une échapatoire. Les syndicats comme institutions sont complètement intégrés à la structure étatique et de ce fait, ils ne peuvent être réformés. Aussi bien eux que l'Etat qu'ils servent doivent être totalement rejetés. Quant au mirage d'un syndicat nouveau et indépendant, organisé contre les anciens syndicats et contre l'Etat, la vérité, c'est qu'il est depuis longtemps caduque de considérer le syndicat comme une arme des ouvriers. C'est le système entier qui doit être réduit en poussière!
