---
Title: Fascisme, anti-fascisme : même combat contre le prolétariat
Description: Le fascisme fut une première forme de dirigisme d'État dépassée par le capitalisme d'État ; l'anti-fascisme stalinien et gauchiste agite ce cadavre pour cacher la barbarie capitaliste actuelle.
Date: 01/10/1979
Category: Alarme n.º 6
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1979-10-fascisme-anti-fascisme-meme-combat-contre-le-proletariat
---


*Alarme*, n° 6, octobre-novembre-décembre 1979 (p. 7-8). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n06.pdf)

A un certain niveau de concentration du capital, en fonction de certaines circonstances nationales (situation économique et sociale) dans lesquelles se trouvaient l'Allemagne et l'Italie, le fascisme a été appuyé par les capitalistes les plus influents (industrie lourde); il correspondait au stade d'alors de l'accumulation tandis qu'aujourd'hui la tendance au capitalisme d'Etat est imminente, elle correspond au dernier stade de la concentration.

Le fascisme est une des premières formes de dirigisme d'Etat en temps de paix. C'est-à-dire que l'Etat achète directement la force de travail comme dans le capitalisme d'Etat, mais il dirige tout de même la production.

A cette époque les puissances capitalistes les plus fortes, les impérialismes, commencèrent à sentir qu'il leur fallait stabiliser l'économie. Cela donne Roosevelt aux U.S.A.: le New Deal. Hitler, lui, est choisi par les grands capitalistes allemands pour ce premier essai de dirigisme d'Etat en temps de paix impérialiste.

Par l'antisémitisme, il s'allie une grande partie des commerçants non juifs (les juifs étant beaucoup installés dans le commerce), par un Etat dur, il peut réprimer avec force les risques révolutionnaires, et enfin après la crise de 1929, il arrive à point, par les travaux publics à grande échelle, et par l'armement, à stimuler l'économie et à donner du travail à presque tout le monde, moyennant notamment les camps de travail (de même qu'en Russie), et les S.A.

Aujourd'hui le capitalisme à évolué, l'accumulation du capital ne le pousse plus, quelque soit la situation, au fascisme, mais au Capitalisme d'Etat, stade suprême de l'accumulation du capital, que ce soit à l'Est ou à l'Ouest où certains capitalistes (grands patrons, bureaucraties syndicales,...) ont compris l'utilité des nationalisations, et de même, l'utilité des syndicats dans les usines.

Si l'état allemand, qui était l'impérialisme fasciste le plus fort, a perdu la guerre avec ses alliés, en Europe, un des pôles du capitalisme si ce n'était le pôle d'alors, cela prouve bien que le fascisme était dépassé du point de vue capitaliste, et pour tous les pays du monde, même ceux qui ne sont pas passés par le fascisme comme étape de la concentration du capital. Le fascisme était finalement dépassé avec la fin de la guerre, les conditions qui ont prévalu à l'apparition du fascisme ayant disparu, car les impérialismes secondaires furent mangés par les U.S.A. ou par la Russie; il n'existe donc plus de solutions nationales.

Les fascistes et ceux qui se réclament du fascisme sont donc des vestiges d'un temps révolu.

Quand le fascisme existait encore, au moment de la dernière guerre mondiale, les staliniens et la Quatrième Internationale ont lutté contre l'internationalisme prolétarien, que ce soit en appelant à la résistance ou bien en appelant à la défense inconditionnelle du capitalisme d'Etat russe sans parler directement de résistance.

Les stalinistes luttaient pour le capitalisme d'Etat. Le capitalisme d'Etat Russe appelait à lutter contre le fascisme, car l'impérialisme allemand commençait à devenir génant face à l'impérialisme russe.

Aujourd'hui, toutes les tendances capitalistes, en particulier les descendants des staliniens et de la 4° Internationale: le P."C". et les "gauchistes" montent en épingle ce vestige, ce cadavre derrière lequel ils cachent leur propre barbarie. Ils sont des tendances capitalistes qui se servent du fascisme et de la peur qu'il a inspiré, pour toujours prendre plus d'influence en vue du capitalisme d'Etat. Ce qu'ils ne disent pas, c'est que le capitalisme et la barbarie existent sur toute la planète, la barbarie la plus oppressante et la mieux organisée étant atteintes sous les capitalismes d'Etat de l'Est et de l'Asie. Sachant que le capitalisme d'Etat est le stade suprême de concentration du capital, cela montre encore une fois, combien l'accumulation du capital est devenue nocive et négative, et donc que le capitalisme est décadent, son accumulation n'apportant aucun progrès (contrairement au 19° siècle) et accélérant toujours notre aliénation.

Le capitalisme décadent ne permet plus aux lois initiales du capitalisme, la libre concurrence, la libre entreprise, la propriété individuelle des moyens de production,... d'exister; il a besoin d'un Etat toujours plus fort pour peser, influer sur ses propres lois. Et en effet on remarque que depuis 1929 on n'a plus eu de crise de surproduction.

Les ligues et groupes anti-fascistes sont formés par les staliniens et leurs valets les "gauchistes", sous prétexte de lutter contre le fascisme, ce cadavre; ils sont des noyaux de contre-révolution. Ils définissent le fascisme par la barbarie: camps de concentration..., ce qui est faux, aujourd'hui le capitalisme d'Etat ou le capitalisme en général sont barbares.

C'est à nous, prolétariat révolutionnaire, de détruire le capitalisme, et il ne pourra l'être que sous toutes ses facettes, capitalisme d'Etat, libéral, autogestionnaire. Et en période révolutionnaire, nous verrons probablement la grande majorité des capitalistes se regrouper derrière la tendance qui donne le plus de moyens de répression: le plus souvent le capitalisme d'Etat et alors nous verrons les "meilleurs" fascistes (ceux qui se proclament l'être), s'il en reste, se regrouper derrière les P."C". et leurs valets, de la même manière que le P."C". russe a permis à Hitler et à Franco de prendre le pouvoir.
