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Title: Bologne. Ni fascisme ni anti-fascisme: lutte de classe
Description: Après l'attentat de la gare de Bologne, l'article dénonce la mobilisation « démocrate » et anti-fasciste comme une défense de la dictature du capital sur le prolétariat.
Date: 01/07/1980
Category: Alarme n.º 9
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-07-bologne-ni-fascisme-ni-anti-fascisme-lutte-de-classe
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*Alarme*, n° 9, juillet-août-septembre 1980 (p. 1-3). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n09.pdf)

A Bologne il y a eu, comme chacun le sait un attentat causant la mort de 80 personnes. Bien que l'attentat ne soit pas revendiqué celui-ci est attribué au terrorisme noir c'est-à-dire aux fascistes néo-nazis. Horreur et indignation en Italie et dans le reste du monde. Le spectre du néo-nazisme est arboré comme épouvantail face au "citoyen honnête et responsable" prêt à gober tout ce qu'on lui dira pourvu que sa petite vie misérable ne soit pas molestée par des événements extra-ordinaires.

Qu'un tel attentat provoque du dégout et horrifie par sa bestialité n'a rien de criticable, ce qui par contre est abject, ce sont toutes les forces "démocrates" qui crient au scandale appelant le troupeau à bestiaux sur lequel elles exercent encore une certaine influence, à manifester pour montrer au néo-nazisme qu'il ne passera pas. Quel courage nom de dieu! Mis à part le fait qui est incontestable: attentat à la bombe provoquant presque une centaine de morts dans la gare de Bologne, qu'est-ce qui se cache réellement derrière tout le fatras publicitaire fait autour de cet événement par toutes les forces populaires, démocrates, anti-fascistes, pro droit de l'homme, humanitaires, religieuses..., nous en passons et des meilleurs.

Encore une fois on veut nous faire avaler la pilule stimulante de la lutte contre le fascisme, la lutte de classe étant assimilée à la lutte de la démocratie (le bien) contre le fascisme ou le totalitarisme (le mal). La démocratie étant résumée par les sacro-saints droits de l'homme chacun s'en fait le garant défenseur, de Brejnev en passant par Giscard et... Pinochet (et oui ce vilain "fasciste"!) qui met en prison "ceux qui portent atteinte aux droits de l'homme et du citoyen" dans son pays. Et tous ces Etats démocrates, populaires, socialistes, ainsi que leurs défenseurs à appui critique ou inconditionnel voient gonfler dans leurs veines l'esprit sain et pieux de l'indignation alors qu'ils sont tous directement ou indirectement plongés dans tout un tas de crimes plus horribles les uns que les autres... ne serait-ce que parce-qu'ils défendent tous la dictature du capital sur le travail, l'aliénation sur le libre épanouissement de chacun, le profit au détriment de la satisfaction des besoins.

Les 80 morts causés par l'attentat ne font que s'inscrire dans la longue liste des victimes du capitalisme mondial et ce indépendamment du fait que ce dernier peigne sur sa bannière les mots démocratie, peuple ou socialiste. Les néo-nazis contre lesquels il est si aisé de s'indigner n'ont rien à envier par leur bestialité aux actuels dirigeants qui perpétuent leurs crimes en pleine légalité. Voilà la différence réelle entre le terrorisme étatique et le terrorisme minoritaire et plus ou moins clandestin des néo-fascistes et autres (ceux qui se prétendent socialistes)...

Brandir le spectre du nazisme ou du fascisme est une arme de plus du "capitalisme à visage humain et démocrate" pour dissimuler la dictature qu'il exerce sur le prolétariat mondial qui la subit. Et toutes les forces qui acceptent le légalisme capitaliste comme panacée ou comme un moindre mal ne font que se montrer au grand jour pour ce qu'elles sont: DES FORCES ANTI-OUVRIERES ET ANTI-COMMUNISTES.

Essayons d'examiner les choses de plus près. Fascisme, totalitarisme (terme à la mode) ou démocratie ne sont que les faces différentes d'une même pièce, à savoir la dictature du capital sur le prolétariat et la population en général. En effet, ni la démocratie bourgeoise ni le fascisme ne sont le produit de cerveaux purement intentionnés mais le produit de certain rapports de production, en l'occurence les rapports de production basés sur la vente et l'achat de la force de travail. La démocratie bourgeoise et le fascisme n'ont été en fait que des systèmes politiques de domination du capitalisme correspondant à un certain degré d'accumulation capitaliste dans certaines situations. Mais aujourd'hui aussi bien l'un que l'autre résident à jamais dans les poubelles de l'histoire en tant que formes spécifiques de domination du capital et ce parceque la concentration capitaliste ammène au capitalisme d'Etat, forme barbare par excellence et qui nous est si souvent présentée cyniquement comme socialiste. Les pires ennemis du prolétariat ne sont pas les bandes anachroniques fascistes mais bien toutes celles qui se prétendent communistes et qui ne rêvent que de capitalisme d'Etat à la russe ou à la chinoise introduisant dans leurs discours toutes les rengaines de l'ancienne démocratie bourgeoise qui n'était elle aussi qu'une dictature de classe capitaliste. Et ce sont toutes ces organisations (gauche et extrême gauche) qui font coeur avec les forces "démocrates et libérales" contre l'ennemi, le fascisme auquel on impute tous les crimes.

De plus il faut être vraiment aveugle ou intentionnellement un sbire crapuleux pour ne pas se rendre compte que mises à part les étiquettes décoratives pays fasciste, pays libéral, pays social-démocrate, pays socialiste, la tendance mondiale est à la militarisation et à l'étatisation, c'est-à-dire à la domination de plus en plus bestiale et nocive du capitalisme. Même dans les pays dits démocratiques les droits du citoyen ne sont que la négation de ce qu'ils supposent représenter. Ainsi le droit de manifestation n'est que le droit à la procession, le droit de grève que le droit à la discussion syndicale, le droit d'association n'est que le droit de s'affilier à un syndicat et ainsi de suite... De toutes les façons, avec ou sans démocratie, les révolutionnaires, les hommes qui ne pliaient pas à une situation inique et dégradante ont toujours subi directement la dictature capitaliste d'autant plus intensément que le capitalisme comprenait qu'il était en danger de mort de par l'existence d'une classe qui pouvait le renverser, le prolétariat. Il l'a d'autant plus compris qu'aujourd'hui la presque totalité des forces qui prétendent le combattre ne font que le défendre en se présentant au prolétariat comme son bienfaiteur et défenseur. C'est contre toutes ces forces que nous combattons et que le prolétariat doit combattre en mettant dans le même sac tous ceux qui en fin de compte ne visent qu'à profiter du travail qu'il fournit. C'est la seule façon d'en finir avec la barbarie actuelle.

NI FASCISME NI DEMOCRATIE

GUERRE DE CLASSES!
