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Title: Texte du comité d'intérim: contre la division entre ouvriers fixes et intérimaires
Description: Texte de base du comité d'intérim sur l'essor du travail intérimaire, l'unité de classe des ouvriers fixes et intérimaires et l'organisation en dehors et contre les syndicats.
Author: Comité d'intérim
Date: 01/07/1980
Category: Alarme n.º 9
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-07-texte-du-comite-d-interim
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*Alarme*, n° 9, juillet-août-septembre 1980 (p. 6-12). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n09.pdf)

## Contre la division entre ouvriers fixes et intérimaires: — comment s'organiser? — pour quoi faire?

Par ce texte, que nous avons fait à partir de la "question de l'intérim", nous ne visons pas simplement à éclaircir ce problème, mais surtout, à développer nos positions politiques et à faire des propositions concrètes en vue de contacter les ouvriers dés aujourd'hui pour organiser et préparer la lutte. Nous voulons mener cette lutte non pas comme une lutte "pour la défense des intérêts des intérimaires", comme lutte corporative, mais comme une lutte faisant partie du combat de tous les ouvriers contre l'exploitation. Divisée en catégories concurrentes, la classe ouvrière ne représente pas une force contre le capital. L'organisation du prolétariat en classe, c.à.d. en force capable de combattre efficacement son adversaire, n'est pas un rêve utopique: l'*UNITE DE CLASSE* de tous les ouvriers, quel que soit leur "statut", est une possibilité, mais aussi une nécessité absolue. L'intérim nous permet de montrer plus clairement cette nécessité et cette possibilité pour les ouvriers de s'unir.

Pour bien comprendre en quoi la solidarité de classe des ouvriers fixes et intérimaires n'est pas une phrase creuse, il faut d'abord analyser plus à fond l'évolution et le rôle du système d'intérim.

## 1. Evolution du système d'intérim ces dernières années

Selon le syndicat patronal des entreprises de travail intérimaire (UNETT),

- il y avait, en 1974: 80000 missions quotidiennes; en 1976: 190000 missions quotidiennes, soit une expansion de 237 % en deux ans.
- Le chiffre total annuel pour 1978 est de 1700000 missions, qui ont concerné 1000000 d'intérimaires (1/7 des salariès sont passés par l'intérim).
- 70 % des boîtes de plus de 500 personnes utilisent de la main-d'oeuvre intérimaire. Les 2/3 de la force de travail précaire et mobile sont des ouvriers d'industrie, et 60 % de l'ensemble des intérimaires n'ont pas de qualification.

Ces chiffres montrent clairement la croissance rapide du nombre d'ouvriers intérimaires et prouvent également que la fonction du système d'intérim a complètement changé: ce n'est plus un phénomène limité à la force de travail très spécialisée, mais un phénomène de masse qui joue un rôle important et durable dans le système capitaliste.

## 2. Pourquoi ce développement?

Depuis quelques années, la bourgeoisie a de plus en plus de mal à maintenir ses profits. Face à *LA CRISE MONDIALE*, le capital doit trouver des nouvelles formules d'organisation de l'esclavage salarié. Il doit *ACCROITRE LA MOBILITE de la FORCE DE TRAVAIL*: 82 % des missions durent moins de 3 mois. Il se donne les moyens de pouvoir embaucher ou licencier du jour au lendemain, à moindre frais, suivant ses impératifs de production. Le développement de l'intérim, ce n'est pas la meilleure adaptation aux besoins de chacun (comme le dit la sale propagande bourgeoise); c'est *la meilleure adaptation aux besoins accrus de mobilité du capital*. C'est aussi un moyen de limiter l'absenteïsme (arrêt maladie = fin de mission).

Mais pour les ouvriers, le travail intérimaire signifie surtout *la division*: une division de plus entre les ouvriers. Fixe, intérimaire, français, immigré, homme, femme, OS à coëfficient 165, 170,... les échelons,... autant de distinctions pour les ouvriers qui tous subissent l'exploitation! Certes, ces divisions reposent sur des différences concrètes: p.e. l'ouvrier intérimaire du jour au lendemain peut se retrouver dans la rue, tandis que l'ouvrier fixe a quand-même une certaine garantie d'emploi. Mais l'a-t-il vraiment? La situation aujourd'hui nous montre qu'il ne s'agit que de pseudo-garanties: la bourgeoisie de plus en plus est contrainte de licencier à tour de bras, de plus en plus est contrainte de s'attaquer aux conditions de vie de tous les ouvriers; le travailleur fixe est le chômeur ou l'intérimaire de demain qui viendra grossir les rangs des plus démunis. Tous les ouvriers sont contraints de se vendre aux patrons et sont donc des marchandises comme les autres. Donc la prétendue opposition d'intérêts entre ouvriers fixes et intérimaires, opposition sur laquelle mise la bourgeoisie, ne peur signifier autre chose que *la soumission de l'ensemble des ouvriers au capital*. En effet, lorsqu'une partie fait grève, l'autre travaille et vice-versa, de telle sorte qu'une réelle force de classe contre le capital ne parvient jamais à se forger. Les capitalistes spéculent sur la division parmi les ouvriers pour noyer la combativité ouvrière dans de stériles et inoffensives luttes de catégories.

## 3. La lutte de classe

Face à ça, nous opposons l'unité de classe de tous les ouvriers. La lutte de n'importe quelle partie de la classe ouvrière (y compris celle des intérimaires) pose le problème de l'unité. Cette unité, pour ne pas être vide de sens, doit être basée sur des intérêts communs et sur une solidarité de classe, contre les revendications corporatistes, armes du capital.

La condition des intérimaires, et de toute la classe ouvrière, en periode de crise plus que jamais, nous montre qu'il n'y existe aucun statut, aucune loi, aucun droit qui nous garantisse nos conditions de vie. Au contraire, l'existance même de ces statuts, ces lois, ces droits, a toujours été une arme aux mains de la bourgeoisie avec laquelle elle essayait de détourner la lutte des ouvriers. Ainsi nous ne luttons pas pour le droit de grève, parce que le droit de grève, c'est le droit aux débrayages syndicaux de 2 heures, le droit à une petite promenade dans les ateliers (avec préavis)! La grève, l'action directe, n'est pas une question de droit, mais de *FORCE*. Donc pour les ouvriers la victoire n'est jamais l'obtention d'un statut, d'une loi, d'une "garantie", mais consiste dans la force organisative qu'ils ont réussi à forger pendant la lutte. *C'est cette force qui est la seule victoire pour le prolétariat!*

C'est cette force qui nous permet de continuer la lutte, jusqu'à la fin, jusqu'à la suppression du capital et de l'exploitation. Tout ce que la bourgeoisie veut nous présenter comme des acquis, ne sert qu'à maintenir l'exploitation. *Faire baisser le taux d'exploitation, liquider les divisions imposées par l'ennemi, tendre à récuperer le produit social, s'unifier dans l'action sur le terrain de la force et de l'organisation, et non pas sur celui des négotiations, des contrats, des conventions, des grilles...: voilà l'intérêt unitaire des ouvriers.* Lutter contre l'exploitation, n'est pas lutter pour une exploitation "plus juste", ou pour une exploitation "plus égale"! L'unité ne peut pas ce faire sur des mots d'ordre tels que droit à l'embauche, ou le statut pour l'intérimaire. Si nous voulons gagner, c.à.d. créer le rapport de force qui nous permette d'imposer nos revendications de classe, nous devons élargir la lutte à des franges de plus en plus larges du prolétariat. L'élargissement de la lutte est basé sur *l'action pour les revendications qui concernent l'ensemble des ouvriers*. Pour prendre un simple exemple, chaque ouvrier [ilegible] augmentation de salaire, la plus élevée possible. Il s'agit donc d'un intérêt commun à tous les ouvriers. Cet intérêt commun trouve sa formulation dans une revendication unitaire: AUGMENTATION GENERALE DES SALAIRES pour tous les ouvriers (indépendamment des distinctions de catégorie, de race, de sexe, de nationalité, etc.). Cette revendication est encore boîteuse si elle ne prend pas en compte le surcroît de misère matérielle que le capital inflige à certaines couches du prolétariat. La revendication d'augmentation générale des salaires doit donc se compléter par cette autre: *augmentation plus forte, pour les catégories les plus défavorisées.*

Ceci n'est qu'un exemple de revendication correspondant aux intérêts du prolétariat dans son ensemble et qui indique clairement la voie d'une unité réelle. N'importe quelle fraction de la classe ouvrière est directement intéressée à lutter contre la hiérarchie infinie des salaires, l'extension des systèmes de rétribution au rendement, le chantage aux primes, etc..., pour en revenir à l'action pour les BESOINS GENERAUX de la classe des exploités: réduction massive de la durée de la journée de travail, augmentation générale des salaires, plus importante pour les salaires les plus bas, salaire intégral aux chômeurs, etc... Les intérêts immédiats de tous les ouvriers permettent donc d'indiquer la perspective de l'unité prolétarienne par-dessus les frontières de catégorie ou de statut. Comment les ouvriers peuvent-ils s'organiser comme classe, seule à même de mener la lutte vers la victoire, vers l'affrontement final avec la classe bourgeoise?

## 4. En dehors et contre les syndicats

Puisqu'est maintenant posée la question de l'organisation, voyons quelles positions adoptent les syndicats sur le problème de l'intérim.

La CGT et FO admettent toutes les deux la nécessité du travail temporaire "dans certains cas", mais bien évidemment ne souhaitent pas que les patrons "abusent" de ce système d'exploitation. Pour les deux syndicats, la négotiation d'une convention collective devrait donner un "vrai statut" au travailleur intérimaire et empêcher les "abus". Les deux syndicats sont d'ailleurs favorables à ce que l'ANPE, c'est à dire l'Etat-patron (plutôt que les boîtes d'intérim), s'occupe des travailleurs intérimaires. Bien sûr, ces positions officielles (la CFDT est officiellement contre l'intérim, et refuse de signer une convention collective avec les patrons sur le travail temporaire) sont présentées de façon plus nuancée par les militants syndicaux devant les ouvriers.

La défense des ouvriers intérimaires se limite pour les syndicats à réclamer leur embauche autour de la table de négotiation, et du moment que les ouvriers entrent en lutte, les délégues se ramènent, et essayent "d'organiser" cette lutte. De quelle façon?

Ou bien, *en placant la lutte sur le terrain des "droits"* (leur recours systématique au tribunal, aux élections pour essayer de régler les "conflits sociaux" est très significatif.) et donc en l'enfermant dans la légalité: ainsi en reclamant un statut pour les intérimaires, ou même leur embauche, les syndicats ne veulent pas supprimer l'exploitation, mais au contraire la perpétuer. Ils ne veulent simplement pas que cette exploitation soit trop évidente, trop claire. S'ils réussissent à imposer leur mot d'ordre de "droit à l'embauche", ils enterrent cette lutte contre l'exploitation à l'avance.

Ou bien, si les syndicats n'arrivent pas à imposer leur ligne, et s'ils n'arrivent pas à dissimuler la nature anti-capitaliste d'une lutte et à la dévier sur le terrain de la légalité, *ils essaient de limiter la lutte à l'atelier, à l'entreprise où elle a démarré et empêchent donc son élargissement, et donc la victoire* (leurs arguments genre "les autres ne nous suivront pas", "ça ne concerne que nous" sont assez connus de tout le monde). Les ouvriers combattifs qui cherchent à élargir, à briser l'isolement dans lequel les syndicats confinent la lutte, deviennent du même coup des "gauchistes", des "aventuriers", des "irresponsables". Comment expliquer ces positions et cette politique de la part des syndicats? Jusqu'à la moitié du 19ème siècle, la bourgeoisie interdisait les syndicats, et par la force réprimait les ouvriers qui essayaient de former une organisation permanente pour la défense des intérêts de la classe ouvrière. Aujourd'hui encore les ouvriers en lutte trouvent en face d'eux les flics armés jusqu'aux dents, prêts à écraser brutalement la revolte. En même temps l'Etat aujourd'hui accepte les syndicats, les finance même, et encourage les ouvriers à se syndiquer. La campagne publicitaire sur la télé, dans les journaux, pour nous inciter à aller voter aux prud'hommes (représenté par les syndicats comme une victoire pour les ouvriers!) s'inscrit dans ce tableau.

Puisque c'est elle la classe exploiteuse, la bourgeoisie a un intérêt évident à essayer de *cacher l'exploitation et à mystifier les contradictions qui opposent les intérêts des ouvriers à ceux des patrons, afin de faire accepter aux ouvriers leur condition d'esclave salarié*. Les syndicats participent partout à cette mystification (et ils sont d'autant plus crédibles auprés des ouvriers, vu leur language "ouvrier", vu aussi leurs origines historiques) par leurs revendications "réalistes" qui sans arrêt ramènent la revolte contre l'exploitation capitaliste non pas à l'affrontement, mais à un amènagement au sein du système capitaliste. Mais ces champions dans la défense des ouvriers ne se contentent pas uniquement de cacher l'exploitation: intégrés au sein du système capitaliste, ils remplissent fidèlement leur rôle au service de la bourgeoisie: *Ils s'opposent ouvertement et physiquement aux ouvriers qui luttent sur une base de classe.* Du moment que la lutte, la grève, l'occupation, la violence deviennent une menace pour "l'ordre existant", *les syndicats mettent tout en oeuvre pour saboter, dévier, liquider la lutte*. Evidemment, puisque "l'ordre existant", eux ils en font partie! Et les ouvriers en lutte deviennent des "autonomes", des "éléments exterieur à la classe ouvrière", des "agents de Bonnet",... Pour toutes ces raisons-là, nous devons nous organiser en dehors et contre les syndicats.

## 5. Buts et moyens d'un regroupement organisé

En parlant d'élargissement de la lutte, de solidarité de classe, d'unité, d'organisation autonome des ouvriers, nous n'essayons pas de mettre en avant un idéal quelconque, mais nous voulons montrer ce qui déjà existe comme TENDANCE dans les luttes, non pas pour en rester à une simple constatation, mais pour, entr'autre avec ce feuillet, POUSSER plus loin cette tendance.

Les salaires qui diminuent, le chômage qui s'accroît, l'intérim qui se développe, l'augmentation des cadences, permetten à la bourgeoisie d'augmenter ses profits et de mieux faire face à ses concurrents sur le marché. Mais en même temps, ces attaques poussent les ouvriers à la riposte, à la lutte contre le capital, et donc à la recherche d'un MOYEN pour engager cette lutte. Les sidérurgistes à Longwy, à Denain, les dockers à Rotterdam, les métallurgistes en Allemagne, les mineurs aux Etats-Unis, au Brésil,... de plus en plus les ouvriers entrent en lutte pour défendre leurs conditions de vie, pour s'attaquer à l'exploitation. Certes, la bourgeoisie à tout moment essaie de décourager, diviser, isoler les ouvriers les uns des autres, mais pour l'ensemble de la classe ouvrière la nécessité de sortir du cadre de la lutte corporative devient plus évidente avec chaque mesure anti-ouvrier que prend la bourgeoisie. Le besoin pour les ouvriers de contacter les ouvriers des autres boîtes, de tenir des réunions, de diffuser et rédiger des tracts, de préparer leurs actions, les pousse à s'organiser de façon autonome, et de prendre en main eux-même les tâches théoriques et pratiques posées par la lutte. Souvent c'est avec beaucoup de difficulté et d'hésitation que les ouvriers s'auto-organisent, d'autant plus qu'ils trouvent en face d'eux en première ligne pas les flics, mais "leurs" syndicats, les "meilleurs défenseurs de la classe ouvrière". L'exemple le plus récent, et peut-être parmi les plus clairs, c'est la grève des dockers à Rotterdam, organisés dans un comité de grève CONTRE le syndicat. La force de cette lutte résidait justement dans le fait que les ouvriers s'organisaient eux-même et qu'ils n'ont eu confiance qu'en eux-même pour mener l'action. Au sabotage de la lutte, à l'inaction et aux actions-bidon des syndicats (débrayage, pétition, manif-promenade,...) les ouvriers répondaient par la grève illimitée, la paralysie totale de toute activité dans le port, les piquets de grève pour contrôler entièrement la circulation sur les quais, les délégations dans les autres boîtes de la region, dans les autres ports, pour organiser la solidarité, proposer l'action unitaire.

Une première condition pour la lutte, c'est que les syndicats n'aient plus le monopole de l'intervention parmi les ouvriers, que les syndicats ne puissent plus organiser l'action-bidon et le sabotage pur et simple de la lutte. Les ouvriers combattifs doivent s'organiser *pour briser l'isolement*, pour dénoncer les syndicats et autres "défenseurs des ouvriers", pour dénoncer et saboter les débrayages des syndicats, les manifs-bidon genre Bastille-République, qui ne servent qu'à noyer la combativité ouvrière, *pour y opposer la lutte de classe avec des methodes de classe*.

Le comité vise à devenir *une organisation qui permette aux ouvriers de se réunir, de contacter d'autres noyaux d'ouvriers afin de préparer la riposte politique aux décisions de l'Etat bourgeois et de mettre en place les moyens de développer les luttes à venir*.

Préparation politique veut dire: tirer les leçons des luttes passées, de leurs points forts, leurs faiblesses, pour pouvoir pousser plus loin dans l'avenir; engager le travail de propagande et d'agitation dans les usines autour des problèmes qui se posent aujourd'hui pour la classe: les syndicats, les revendications, l'organisation, les methodes de lutte...

Plus que jamais d'énormes possibilités de lutte existent: dans toutes les grosses boîtes, sur toutes les chaînes de montage, des millions de travailleurs de tous les pays sont concentrés tous les jours et subissent une exploitation toujours plus forte. Pour la classe ouvrière international et numériquement plus forte que jamais, la nécessité d'engager la lutte contre le capitalisme est resénti aujourd'hui avec encore plus de force que ça ne l'était hier.

Nous devons nous préparer à l'affrontement. Pour ça, dès aujourd'hui nous proposons la discussion, individuellement, mais surtout d'une façon organisée et regroupée entre tous les ouvriers qui se posent ces questions, sur ce feuillet. Nous devons dès maintenant créer des liens avec les chômeurs, les fixes, les ouvriers dans toutes les boîtes, discuter avec eux, sur ce feuillet, envisager ensemble les tâches à prendre en main.

Dans l'immédiat, si nous nous sommes appelés "comité d'intérim", c'est parce que le travailleur intérimaire est l'image la plus claire de ce qu'est chaque ouvrier: un prolétaire, qui ne possède rien d'autre que sa force de travail. Les conditions particulières des intérimaires rendent ce "secteur" plus explosif. C'est d'ailleurs ce qu'a aussi compris la bourgeoisie, qui depuis un bon moment s'inquiète de cette situation et essaie, avec les conseils des syndicats, "d'intégrer" les intérimaires, en proposant certaines mesures qui devraient "améliorer" leur condition, tout en maintenant son caractère essentiel: la mobilité. La question de l'intérim nous permet aussi de dépasser les revendications de telle ou telle boîte puisque l'intérimaire change sans arrêt de lieu de production: il n'est attaché ni à son patron, ni à sa machine, ni à son métier! Il n'a pas à faire à tel ou tel patron privé, mais plus directement au capital.

Ce regroupement organisé sur la question de l'intérim sera un point de départ de l'avancée organisée de la lutte de l'ensemble du prolétariat. Certes, il est plus difficile pour les intérimaires de se regrouper que pour les fixes, mais ce regroupement présuppose de dépasser dès le debut le cadre de l'usine et des revendications catégorielles!

Le comité appelle tous les ouvriers à prendre contact avec lui: écrire sous double enveloppe à: COMITE D'INTERIM (sur enveloppe à l'intérieur), Librairie l'Herbe Rouge (sur enveloppe extérieure), 1 bis, rue d'Alésia, 75014 PARIS.
