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Title: Contre l'unité nationale !
Description: Critique des manifestations antifascistes après les attentats de 1980 comme instrument de l'unité nationale capitaliste, alors que le fascisme est historiquement mort et que l'ennemi principal est le capitalisme d'Etat et ses partis.
Date: 01/10/1980
Category: Alarme n.º 10
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-10-contre-l-unite-nationale
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*Alarme*, n° 10, octobre-novembre-décembre 1980 (p. 6-7). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n10.pdf)

Toutes les tendances et forces capitalistes de la majorité jusqu'à l'opposition, en passant par les gauchistes, les flics, les écologistes, les féministes, etc... ont appelé leurs adeptes à manifester contre le fascisme. Le troupeau de moutons a déferlé sur Paris et la province, et a bêlé bien haut que le fascisme ne passerait pas.

Oui, c'est sûr, le fascisme - dans sa signification exacte - ne passera pas ; mais pas parce qu'il a en face de lui des forces politiques qui se prétendent prêtes à le combattre, mais parce qu'il est mort. Il est mort car les deux facteurs qui lui ont permis d'exister ne sont plus. A savoir, d'une part la situation sociale, économique et nationale de crise et d'après-crise, d'autre part et surtout, le niveau d'accumulation d'alors du capital (avant la 2° guerre mondiale). En effet, ce niveau nécessitait les premières tentatives de dirigisme d'Etat en temps de paix et laissait encore des possibilités de créations d'impérialismes en dehors des U.S.A. et de la Russie. Aujourd'hui le niveau d'accumulation atteint est bien plus élevé et l'heure est à la concentration et à la centralisation ultime des moyens de production aux mains de l'Etat, l'heure est au capitalisme d'Etat et donc aux partis qui luttent pour cette forme du capitalisme, qu'ils soient inféodés directement à Moscou (les P"C" et leurs valets trotskystes) ou à Washington (Chine et C°). L'heure n'est donc plus à ces premiers essais de dirigisme d'Etat qui sont totalement dépassés. Si le fascisme a pris le pouvoir en Allemagne c'est parcequ'il correspondait aux intérêts d'une grande partie de capitalistes allemands. Aujourd'hui les capitalistes français et internationaux investissent en grande majorité sur les Giscard, Rocard et Marchais et les Partis qu'ils représentent. Les investissements sur les groupes qui se réclament du fascisme sont extrêmement faibles. A budgets différents méthodes différentes. Les uns se paient des partis de masses, des journeaux quotidiens, des succursales dans toute la France, les autres n'ont qu'un auditoire très réduit et quelques publications. Les uns agissent en forces capitalistes dominantes, répriment quand ils l'estiment nécessaire avec leurs puissants services d'ordre (flics, services d'ordre syndicaux, armée) les autres agissent en force capitaliste exaspérée de ne pouvoir dominer la situation actuelle du capitalisme, ils agissent en force capitaliste dépassée, disposant des explosifs au milieu de ces "masses" qu'ils ne contrôlent plus. De plus leur existence ne dépend que du bon vouloir de ceux qui détiennent le pouvoir actuellement.

Enfin, aujourd'hui la possibilité n'existe pas pour un pays différent des USA et de la Russie, de devenir un troisième bloc impérialiste au même titre que ces deux pays. Le Fascisme et le Nazisme se concevaient comme tels, ainsi que ceux qui s'en revendiquent encore aujourd'hui.

Quel courage alors de vouloir tuer ce cadavre que veulent réssusciter ceux qui le défendent et ceux qui prétendre le combattre ! Qelle victoire pour les capitalistes lorsque le prolétariat accepte de suivre un terrain de lutte qui ne peut être le sien ! Luttant ainsi le prolétariat est sur un terrain capitaliste, il est noyé, fondu à l'intérieur d'une entité, d'une entité nationale qui se consolide à mesure que le capital augmente sa domination sur lui.

Les forces capitalistes dans leur quasi totalité (majorité, opposition, "gauchiste") sont prêtes à sacrifier l'infime minorité de forces capitalistes qui se réclame du fascisme, pour pouvoir amener le prolétariat dans une impasse, celle de la lutte contre le fascisme représenté par tous les "démocrates" comme l'ignominie consacrée. On veut nous faire traquer les vestiges d'une époque révolue, les "méchants fascistes". Vaicu militairement par d'autres pays capitalistes, à cause de leurs propres intérêts capitalistes et non à cause de leur considération envers "l'être humain démocrate par essence", le fascisme a été ce que l'on montrait comme le nec plus ultra de l'horreur alors que le stalinisme sévissait déjà d'une manière encore plus bestiale contre le mouvement ouvrier et les hommes en général. Il est aisé aujourd'hui pour les défenseurs du capitalisme de faire payer ceux qui ont été vaincu militairement en combat inter-impérialiste pour aboutir à un abrutissement encore plus fort du prolétariat ainsi que pour obtenir une docilité plus grande de la part du prolétariat face à ses exploiteurs "anti-fascistes". Les têtes fascistes sont alors, comme dans les cas des attentats de Bologne, Munich et Paris, le ciment de l'unité nationale. De tels attentats pourraient très bien être manigancés directement par l'Etat, ils sont déjà directement ou indirectement protégés par lui. Le fascisme réalisa pendant un temps, en Allemagne l'unité nationale grâce entre autre à la lutte anti-sémite, aujourd'hui le capitalisme français tente de réaliser l'unité nationale grâce à la lutte anti-fasciste. Les révolutionnaires qui luttent pour l'apparition du prolétariat révolutionnaire sur la scène de l'histoire, ne peuvent que lutter énergiquement contre toutes ces tentatives du capitalisme qui veut dissoudre le prolétariat dans un conglomérat anachronique et réactionnaire : l'unité nationale. Il n'y a pour le prolétariat d'autres frontières que les frontières de classes.

Aujourd'hui où les armes sont plus que forgées pour la victoire de la révolution sociale mondiale, le capitalisme étant toujours en vie, est un système sans raison d'être sociale, un système décadent. A l'heure où le prolétariat a plus que la capacité potentielle pour détruire le capitalisme international, et ce depuis le début du siècle, seule la révolution sociale et les tâches qui en découlent sont à l'ordre du jour pour les révolutionnaires.

Il s'agit donc de lutter contre tous les partis qui défendent le système basé sur notre exploitation, et principalement contre ceux qui portent en eux-mêmes l'évolution réactionnaire ultime du capitalisme : le capitalisme d'Etat.

Ces Partis sont principalement les P"C". Ajoutons que leur anti-fascisme est faux, ce sont eux qui hier ont aidé l'accession au pouvoir du fascisme en Allemagne, et des franquistes en Espagne, et qui aujourd'hui de par le monde, principalement dans les pays où il gèrent le capitalisme d'Etat, traquent, torturent, emprisonnent des millions de prolétaires. Les capitalistes russes comme leurs homologues occidentaux sont tout à fait intéressés à maintenir au sein du prolétariat le racisme comme moyen de division du prolétariat, malgré tout ce qu'ils pourront dire, et ce du Nord au sud et de l'Est à l'Ouest. Si le racisme existe c'est qu'il est inhérent au système d'exploitation et que de plus il est fomenté par celui-ci.

Tous les Partis, toutes les forces qui ont appelé au défilé, sont directement ou indirectement partie-prenantes de la barbarie capitaliste, soit parcequ'ils le défendent soit parcequ'ils le justifient, ce qui revient au même. Ce système ne peut plus apporter que la barbarie. La centaine de morts par attentats de cet été n'a été qu'une infime partie de la quantité de prolétaires tués par la barbarie capitaliste durant la même période. En effet les "accidents" de travail ont-ils disparu ? La guerre a-t-elle arrêté de ravager une partie du monde un seul instant ? Les camps de travail et d'extermination Russe, Chinois... ont-ils arrêté de fonctionner ?

Alors assez d'hypocrisie et de mensonges, prolétaires ne nous allions qu'avec nous-même contre ceux qui nous exploitent ou veulent nous exploiter s'ils ne sont pas encore au pouvoir. Et il est clair que notre principal ennemie n'est pas le fascisme, cadavre du point de vue historique, mais bien tous ceux qui prétendent être dans le camp ouvrier et qui défendent la propriété d'Etat pour nous soutirer de la plus-value (P"C" et consors). Ennemi beaucoup plus dangereux ne serait-ce que par leur nombre, leurs moyens et leur hypocrisie abjecte.
