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Title: Quelques mystifications du capital: contrôle et écrase-toi !
Description: Critique du mot d'ordre de contrôle ouvrier de la production, de la cogestion et de l'autogestion comme alternatives par lesquelles le capitalisme peut exploiter encore plus le prolétariat.
Date: 01/10/1980
Category: Alarme n.º 10
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-10-quelques-mystifications-du-capital-controle-et-ecrase-toi
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*Alarme*, n° 10, octobre-novembre-décembre 1980 (p. 8-9). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n10.pdf)

Toutes les organisations officielles de la pseudo-opposition "socialiste", "communiste", "trotskiste" etc... prétendent s'affronter au capital en nous proposant le contrôle ouvrier de la production comme solution anti-capitaliste. Ce slogan, sorti de son origine historique est l'un des plus démagogiques aujourd'hui pour maintenir le même système d'exploitation. Contrôle, travaille et tais-toi, ils s'occuperont du reste. D'autre part il serait injuste de prêter la défense du contrôle ouvrier à la seule "opposition" car les représentants communément appelés de droite n'ont aucun inconvénient à le défendre, et il suffit de constater la propagande faite périodiquement sur la revalorisation du travail manuel et sur l'acceptation d'usines cogérées ou autogérées dans des pays comme la France ou l'Allemagne de l'Ouest.

L'idée de contrôle ouvrier de la production défendue par les bolcheviks en Russie (1917), n'était considérée que comme un moment transitoire dans le processus de transformation sociale et était liée à la nécessité absolue de développer le capitalisme dans un pays économiquement arriéré sous le contrôle d'un pouvoir politique ouvrier dans l'attente de la révolution communiste dans les pays les plus industrialisés tel l'Allemagne. Aujourd'hui il ne peut plus s'agir de cela, le capitalisme mondialement est plus que suffisemment développé pour être détruit partout. Ce qui originairement fut considéré comme un moment transitoire, nous est présenté comme une mesure socialiste par tous ceux qui en définitive se sont alliés au capital national et/ou à l'un des deux impérialismes dominants, Russie et Etats-Unis.

Les défenseurs du capitalisme, sont avant tout intéressés par le fait que le prolétariat soit contraint de vendre sa force de travail pour survivre, nécessité de base pour le maintien du capitalisme en tant que système. Ses défenseurs en tout genre, conscients de l'inhumanité toujours plus grande et de la décomposition sociale, cherchent les moyens de tromper ceux sur qui en définitive repose le système, la classe exploitée. Ce n'est pas pour rien que tous les termes à signification révolutionnaire ont été déformés au point de leur faire perdre leur signification réelle. La contre-révolution russe nous en a donné la triste preuve. On nous fait toujours prendre des vessies pour des lanternes à travers ces fantastiques organes de propagande que sont les Partis anti-ouvriers (P"C", P"S", L"C"R" etc...) et les syndicats.

Le capitalisme a atteint un degré de concentration néfaste pour le développement social, nous pouvons le constater sur tous les aspects du monde contemporain. Celui-ci est même incapable de respecter "les droits de l'homme", droits imposés par la bourgeoisie pour la bourgeoisie. Que pouvons-nous contrôler, si nous acceptions de le faire, d'un monde incapable de se contrôler lui-même ? En plus de vendre notre force de travail nous devrions discuter avec le patron ou l'Etat de la production à réaliser, de la vente des produits (dont notre force de travail) etc... En définitive nous devrions nous transformer en aide actionnaire au service du capitalisme qui nous exploite. Ce qu'ils veulent c'est nous intéresser à notre propre exploitation, exploitation de laquelle l'Etat (ouvrier nous diront-ils !) à travers les nationalisations à outrance profitera. Tout cela sert en fait à nous écarter du terrain de la lutte de classes, de la transformation radicale de cette société.

Le prolétariat révolutionnaire ne peut être intéressé ni par le contrôle, ni par la cogestion, ni par l'auto-gestion car il les considère comme des alternatives que peut adopter le capitalisme pour nous exploiter encore plus. Le prolétariat se constituant en classe révolutionnaire n'a qu'un objectif, celui de détruire l'Etat, de s'approprier les moyens de subsistances, d'abolir le salariat et d'imposer sa volonté à travers ses organes de pouvoir afin d'en finir internationalement avec la société divisée en classes.

Tous ces braves gens "défenseurs de notre cause" se gargarisent avec les mots "prolétariat", "gestion", "autogestion", "contrôle ouvrier de la production", "Etat" etc... et laissent de côté la question fondamentale, la seule tâche qui vaille le coup d'être accomplie, la destruction du capital, le refus d'être une classe exploitée.

Il ne s'agit pas pour le prolétariat d'apprendre à administrer le capital mais d'en finir avec lui. "Ce n'est pas en accouplant de mille manières le mot Peuple avec le mot Etat qu'on fera avancer le problème d'un saut de puce" Marx dans "critiques des programmes socialistes". Après l'expérience de la commune de Paris il fut bien clair qu'il ne s'agissait pas pour le prolétariat de s'approprier l'appareil d'Etat mais bien de le détruire et sur ses décombres construire la nouvelle société imposée par les organes qu'adopterait le prolétariat.

Partant de là, on se rend bien compte que les concepts comme contrôle ouvrier, autogestion et autres attrape-nigauds, sont de trop et ne servent qu'à tous les adeptes du capitalisme.
