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Title: Sur les élections
Description: À propos de la candidature d'Arlette Laguiller et de la loi des cinq cents signatures : les élections sont des foires où les fractions capitalistes s'affrontent et autant de défaites pour les prolétaires.
Date: 01/10/1980
Category: Alarme n.º 10
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-10-sur-les-elections
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*Alarme*, n° 10, octobre-novembre-décembre 1980 (p. 10). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n10.pdf)

Après avoir fait courrir ses militants aux quatre coins de la France pour recueillir les signatures de quelques cinq cents généreux démocrates (pas moins), Arlette Laguiller, porte-parole de Lutte Ouvrière, revient à la charge des urnes et des institutions démocratiques. D'autres candidatures "trotskistes" ou bien plus généralement d'extrême-gauche suivront ce périlleux premier pas. Quoiqu'il en soit toutes devront se plier à cette loi des cinq cents signatures d'élus locaux.

Nous, révolutionnaires, ne sommes pas de ceux qui regrettent, larme à l'oeil, ce temps béni où chacun pouvait se présenter aux élections présidentielles sans devoir afficher une "pétition-carte d'invitation". Car, pour nous, il n'est pas question de sanctifier tous les sept ans notre exploitation, la misère sociale et le chaos débile de l'humanité tout entière. Car, pour nous, le "prolétariat est révolutionnaire ou il n'est rien". C'est-à-dire qu'objectivement, il est la seule classe sociale qui puisse transformer notre poubelle humaine en un monde communiste. Inconscient de cette capacité et de son devoir, le prolétariat est une masse de manoeuvre soumise à différentes fractions capitalistes. Et les élections sont une période choisie par ces fractions pour s'affronter publiquement et couronner officiellement la gagnante. Chacunes de ces grandes foires sont des défaites supplémentaires pour les prolétaires.

Alors, si un jour, les prolétaires doivent voter, ce sera pour élire ou révoquer ses représentants au sein d'unités actives qui répendront partout la flamme de la révolution sociale. Mais d'où viennent ces griffes que collectionnent pieusement les organisations réactionnaires L"O", L"C"R" et compagnie ? D'élus des partis capitalistes de "gauche" (P"C", P"S") et de quelques indépendants sans compter les signatures nécessaires provenant de la majorité elle-même. Cette opposition a su reconnaître depuis longtemps ses fils. Elle a su apprécier leur rôle de rabatteur et de mystificateur lors des élections et bien plus encore dans les usines par leur acharnement à soutenir ou à construire ces organes de gestion capitaliste et de répression que sont les syndicats. Elle sait apprécier que ces prétendus révolutionnaires continuent à proclamer haut et fort que la Russie est un Etat Ouvrier dégénéré mais un Etat ouvrier tout de même. Voilà le terme manquant au marché.

Quand les prolétaires cesseront-ils d'être l'objet de toutes les hypocrisies et de tous les marchandages ?
