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Title: Tour d'horizon international: Pologne
Description: Le mouvement ouvrier polonais après la crise de Bydgoszcz, le rôle de Walesa et de Solidarité et la nécessité d'une solidarité prolétarienne internationale contre tous les syndicats.
Date: 01/01/1981
Category: Alarme n.º 11
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1981-01-tour-d-horizon-international-pologne
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*Alarme*, n° 11, janvier-février-mars 1981 (p. 14-15). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n11.pdf)

Cela fait un peu plus d'un an que le mouvement du prolétariat polonais, malgrè ses limites économiques et politiques, inquiète le pouvoir stalinien et le capitalisme international en général.

Malgré la trève de 90 jours conclue, en Février dernier, entre le gouvernement et le dirigenat de Solidarité, les ouvriers polonais ne semblent toujours pas être démobilisés. C'est, tout au moins, ce que confirment les derniers événements ainsi que l'attitude de Valesa jouant successivement le rôle de la chèvre puis du loup et vice-versa. En effet, le 19 Mars, il a suffit que la police stalinienne réprime violemment une réunion syndicaliste dans les locaux de la préfecture de Bydgoszcz pour que la colère ouvrière renaisse. Il s'en fallut de peu que la grève générale n'éclate sur le champs. Mais la haute bureaucratie syndicale se servant des tares actuelles du mouvement ( nationalisme, préjugé religieux, pacifisme ) qu'elle même renforce, a réussi à repousser la grève. Pendant ce temps, lors d'une réunion du Comité Central, le POUP établit, par rapport aux événements, une ligne conciliatrice vis à vis de la direction de "Solidarité" ce qui, d'une part, permit à Valesa et Cie d'annuler la grève prévue pour le 31 MARS ( se servant des illusions du prolétariat concernant "une solution entre polonais" ) et d'autre part le Parti put ainsi renforcer son prestige et son influence sur sa base et une partie de la classe ouvrière. Malgré tout, l'annulation de la grève a suscité des protestations dans certaines couches du prolétariat. De plus, la manière dont a été prise la décision a provoqué des remous parmi des dirigeants ( ceux-ci regrettant d'être exclus des résolutions les plus importantes ). Un de ces dirigeants "contestataires" a déclaré : " le syndicat commence à ressembler à une organisation féodale... ". Intéressant pour ceux qui se font encore des illusions sur le syndicalisme ! Mais la presse capitaliste ne nous dit rien sur les protestations qui peuvent et doivent exister à la base.

Malheureusement, au niveau international, l'inexistance d'une solidarité ouvrière laisse le champs libre à une solidarité capitaliste face au mouvement polonais. La Russie, sans pour autant déclancher d'offensives militaires, laisse continuellement planer la menace d'une intervention. C'est une pression d'autant plus forte qu'elle s'exerce aussi sur la bureaucratie polonaise actuelle. Le chantage à l'intervention sert aussi comme moyen de pression aux capitalismes occidentaux. Il faut croire que cela ne suffit pas puisqu'ils en exercent d'autres ( aide alimentaire etc... ). Quant aux syndicats, ils utilisent leur influence dans le milieu ouvrier pour briser tout éventuel solidarité réelle. Ainsi les contacts qu'ils ont ou essaient d'avoir avec Valesa tentent de renforcer l'image de marque de celui-ci et du syndicalisme en général. Mais toute solidarité prolétarienne ne peut se faire qu'en dehors des syndicats et contre eux, y compris contre Solidarité.

Tous les médias se régalent du mot compromis, s'extasient devant les vertus conciliatrices du prolétariat polonais et devant la diplomatie des bureaucrates. Ils prétendent que les ouvriers polonais fournissent ainsi les preuves de leur maturité. En réalité, la classe ouvrière polonaise en particulier et internationale en général découvrent actuellement son manque de conscience révolutionnaire. En effet, de compromis et de discussions entre capital et salariat, il n'en existera jamais car le prolétariat vu la place qu'il occupe dans les rapports de production a des intérêts opposés au Capital. Si le prolétariat polonais était réellement mûr, il n'accepterait ni syndicats ni Valesa et brûlerait leurs déclarations du genre : " Nous n'attaquons ni la milice, ni l'appareil du pouvoir, mais le fait que nous ayons pris tellement de coups dans notre vie de la part de certaines personnes de cet appareil. Nous ne menacerons ni le gouvernement, ni le Parti, ni le socialisme, ni les alliances signées. Nous ne nous prononcerons jamais pour cette voie. Nous ne voudrons jamais devenir un Parti politique ou éliminer le Parti... Notre position, n'est pas anti-socialiste, mais nous considérons que ce n'est pas là la légalité et craignons que des incidents similaires ne se reproduisent ". Il ne serait pas question pour lui de revendiquer une quelconque légalité mais le pouvoir politique ainsi que l'appropriation, la gestion et la distribution de la richesse sociale. De plus, il en appellerait à une solidarité internationale active, condition même de la victoire finale.

Mais aujourd'hui alors que le mouvement est menacé par un énorme appareil répressif intérieur, par l'entente capitaliste internationale et par les limites mêmes dans lesquelles il s'enfonce, le prolétariat international et en particulier russe devrait agir solidairement, afin que la lutte qui se déroule en pologne se débarrasse de son carcan national et nationaliste.

L'internationalisme prolétarien doit se dresser indépendemment et contre tous les syndicats, forces capitalistes en milieu ouvrier, contre ceux qui travestissent la réalité polonaise en parlant d'" Etat socialiste " ou d'" Etat ouvrier dégénéré ". Notre solidarité ne doit pas ressembler à celle exprimée lors des manifestations-traine-savate, par les pétitions ou autres mascarades habituelles chères aux forces capitalistes de gauche et d'extrême-gauche. Elle ne doit pas être non plus des louanges inconsidérées et continuelles au mouvement polonais. La seule solidarité concevable c'est l'attaque du système mondial d'exploitation.

FACE A LA SOLIDARITE INTERNATIONALE CAPITALISTE, OPPOSONS LA SOLIDARITE INTERNATIONALE PROLETARIENNE.
