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Title: Le mouvement écologiste est réactionnaire
Description: Critique de l'écologisme de Brice Lalonde, défenseur de l'armement occidental, et de tout mouvement écologiste qui masque les antagonismes de classe au lieu de poser la destruction de la société capitaliste.
Date: 01/04/1982
Category: Alarme n.º 16
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1982-04-le-mouvement-ecologiste-est-reactionnaire
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*Alarme*, n° 16, avril-mai-juin 1982 (p. 5-6). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n16.pdf)

"Je veux rester vert ! " Monsieur Brice Lalonde, chef de file de l'école écologique française, ex-candidat à la présidence of the république française, nous révèle une des facettes de sa belle personnalité : il est aussi défenseur de la fleur... au fusil et de l'écolo-gistique.

Partisans des petites bombinettes, Brice-la-chlorophylle et sa cour de gentils écolos pacifisants nous rassurent : Brissonet est aussi un écologiste de type nationaliste, pas franchement con, mais vraiment réactionnaire. Ce qui est positif, tout de même, c'est que nous savons qu'en France de nombreux écologistes (anti-nucléaires !) sont prêts demain à défendre leur pays contre les méchants écolos du bloc capitaliste de l'Est. Heureusement que Brissonet s'est prononcé pour la sauvegarde de ses intérêts de bon écologiste-humaniste du bloc occidental car, n'est-ce pas, il vaut mieux rester vert que ... solitaire (avec les méchants totalitaires staliniens de l'Est, n'est pas écologiste qui veut, la mode étant plutôt au pacifisme ...). Enfin bref, entre la gentille démocratie de l'Ouest (et son armée) et la dictature barbare de l'Est, il faut en faire un choix, hein, madame la Baronne ? !

Le mouvement écologiste, appendice idéologique d'une société en totale putréfaction, révèle de plus en plus sa nature réelle, à savoir la négation des antagonismes sociaux et des conflits de classes générateurs de l'inhumanité (sous toutes les formes) de la planète. Le mouvement écolo répond à une nécessité de l'ordre capitaliste, de l'Est et de l'Ouest, à la nécessité de récupérer les besoins d'humanité que l'histoire de l'espèce humaine n'a fait qu'accentuer et que le système d'exploitation bestiale que nous subissons ne fait qu'anihiler. L'illusion petite bourgeoise de l'aménagement possible de la société capitaliste par un gommage de ses effets les plus [ilegible] et spectaculaires : pollution, misère "noire", armes nucléaires etc..., ne fait que servir la domination sociale d'une classe sur une autre; domination que le prolétariat subit pour le mieux-être de son ennemi héréditaire, le capital dont profitent quelques bonzes écolos glorifiés par une propagande idéologique cynique.

L'écologisme se veut un mouvement humaniste alors qu'en fait il évacue toute humanité : le seul écologisme possible ne peut trouver sa source réelle que dans l'harmonie non pas de l'homme avec la nature d'abord, mais dans celle plus fondamentale de l'homme avec l'homme, partie de cette nature-même. Les rapports sociaux actuels n'ont rien d'humain et n'auront jamais rien d'humain tant que le système d'exploitation de l'homme par l'homme ne sera pas détruit : harmonie sociale et rentabilité capitaliste ne peuvent coexister ! Seule la réapropriation directe des milieux naturels et culturels par l'espèce humaine pour l'épanouissement de chacun pourra générer l'harmonie maintenant possible entre l'homme et la nature, entre l'homme et la culture. L'écologisme, toutes tendances confondues, est réactionnaire, il ne peut opposer à l'anarchie aliènante de la croissance économique de ce monde malade que le bla-bla jésuitique de la résignation.

Pour l'humanité aujourd'hui, si elle veut échapper à la mort par déshumanisation ou par holocauste nucléaire, la seule alternative demeure la remise en question complète du mode de fonctionnement de la société : faut-il vivre pour l'épanouissement affectif, matériel, culturel et spirituel de chacun ou se résigner à produire, toujours produire en dépit et contre l'humanité elle-même, pour le seul profit du Dieu ECONOMIE ?

Nous disions tout à l'heure que Lalonde, ce brave curé, n'était pas vraiment con, en fait c'est une crapule car Brice-la verdure préfère "rester vert" malgré le rouge du sang qui a coulé bien avant la génération des armes nucléaires et continue de couler un peu partout. Nous le répétons encore : la seule attitude réellement écologique n'est pas dans les pleurnicheries ou le choix entre destruction par explosion nucléaire ou fusil à baïonette, elle réside dans le refus global de cette civilisation caduque ; chaque vie humaine, qu'elle périsse sur un champ de bataille, par la maladie de Minamata ou par un quelconque accident de travail, est une mort de trop ! Si les écologistes ou les anti-nucléaires débiles ne comprennent toujours pas que la pollution, tant de la "nature" que des rapports sociaux, commence dans l'immense camp de travail de la société capitaliste, alors il faudra le "Grand Jour" de la révolution socialiste, leur filer à eux aussi des coups de pied dans le ventre.

La seule critique constructive de cette société est celle qui pose sa destruction comme indispensable et immédiate. Le prolétariat, dernière classe de l'histoire, peut consciemment détruire la société capitaliste parce qu'il est la seule force capable de le faire en tant que contradiction du Capital. Il subit la barbarie de l'exploitation qui le prive des potentialités techniques qui doivent le libérer - ainsi que le reste de l'humanité - de la lutte abrutissante contre la nécessité. Tout aujourd'hui existe pour permettre l'épanouissement de tous, il faut se le réapproprier pour en finir avec "l'écologie", "le pacifisme", "le féminisme", autant de faux problèmes nés des contradictions de la société divisée en classes.
