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Title: OLP - Israël : 2 États contre le prolétariat
Description: Sur la guerre du Liban de l'été 1982 : l'État israélien et l'OLP, nation constituée ou à constituer, méprisent tous deux la vie humaine et mènent les travailleurs à une boucherie qui n'est pas la leur.
Date: 01/07/1982
Category: Alarme n.º 17
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1982-07-olp-israel-2-etats-contre-le-proletariat
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*Alarme*, n° 17, juillet-août-septembre 1982 (p. 16). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n17.pdf)

Après onze semaines de guerre et de tractations, les combattants palestiniens s'en sont allés du Liban, contraints d'évacuer, la larme à l'oeil mais l'allure fière. Les israéliens quand à eux se sont retranchés dans leur tanière, après s'être bien assurés qu'aucun méchant palestinien de l'OLP ne respirait à mille kilomètres à la ronde au delà de leurs propres frontières.

Résultat de tout cela : une population civile massacrée, ce après 7 ou 8 cessez-le-feu et on ne sait plus trop combien de bombardements. Qui donc s'est soucié de cette population dans l'histoire ?

Les israéliens dont l'objectif officiel était de repousser les palestiniens à 40 kms de la frontière nord d'Israel, n'ont pas lésiné sur les bombardements massifs, effectués par terre - air - mer sur Beyrouth. Quand aux palestiniens, trop contents de pouvoir montrer du doigt les israéliens-massacreurs, n'ont en fait rien fait d'autre que de prendre la population civile en otage, d'en user, d'en abuser et de se protéger derrière elle : quelle trop belle occasion que de pouvoir se servir de ces massacres innocents comme rempart et propagande pour la noble cause palestinienne.

Malheureusement ce que l'on ne peut nier dans l'histoire, c'est que l'on retrouve de part et d'autre un phénomène typiquement capitaliste : un total mépris de la vie humaine et de toute vie humaine !

Mais que voulaient exactement l'un et l'autre camp ? Peut-on parler d'orientation progressiste derrière tout cela ?

Pour les palestiniens il s'agit de constituer un Etat Palestinien et pour les israéliens de défendre un état constitué sur le sang de leurs souffrances (souffrances qu'ils traînent en boulet depuis des millénaires et dont ils n'hésitent pas à se draper pour les faire subir à d'autres).

Nation constituée ou Nation à constituer, de toutes les façons nous y sommes exploités.

Le prolétariat israélien (et oui il existe) par la force et l'idéologie tant religieuse que chauvine de l'état israélien, subit la même misère sociale de toute classe ouvrière nationale unie derrière Son Etat, Sa Police, Son Armée, Sa Justice, Son Economie.

Quant aux palestiniens le but qu'ils poursuivent est dépassé, réactionnaire et inécessaire : une "Palestine Indépendante" dépendrait d'autres puissances et ce parce que l'économie capitaliste actuelle, qui domine toute la planète, ne tolère pas d'indépendance.

Vouloir constituer une nation n'affaiblit en aucun cas le capitalisme et signifie au contraire qu'on constitue une police et une armée pour mieux centraliser l'exploitation de la classe ouvrière aux mains de l'Etat. Qui donc est l'OLP de ce " Peuple Palestinien ", sans " Patrie " et sans " Nation " ?

Parti-Etat ou organisation, recevant toutes sortes d'appuis politiques, armés et financiers des autres populations palestiniennes laborieuses d'Israel et Liban, des autres pays arabes et bien sûr de l'URSS, l'OLP n'est autre que la couche capitaliste du " Peuple palestinien ". Une armée de mercenaires exploitée par la Russie, trop contente de soutenir n'importe quel mouvement de lutte, du moment que cela fout la merde dans le camp d'en face.

L'indépendance nationale a partout aggravé l'assujettissement économique et politique des travailleurs et en aucun cas n'a affaiblit la continuité du capitalisme et la concurrence dominatrice des diverses grandes puissances : chose que tout vrai révolutionnaire doit combattre.

Aussi bien en Israel que dans les rangs du " Peuple palestinien ", dans les deux cas, les travailleurs sont embrigadés pour soutenir une cause qui n'est pas la leur : d'un côté comme de l'autre on les pousse à la boucherie. Quelle victoire pour les capitalistes, quand le prolétariat accepte de suivre une lutte qui n'est pas la sienne, sur un terrain capitaliste, noyé dans une entité réelle ou fictive, qui se consolide à mesure que le capital augmente sa domination sur lui. Répétons-le : les mouvements nationaux n'ont pas de base dans les nécessités et le devenir immédiat de l'humanité; ils ne sont rien d'autre qu'un affrontement inter-impérialiste combiné à une lutte anti-prolétarienne.

Les prolétaires n'ont pas de patrie, et le seul moyen de ne plus être des prolétaires, c'est de pointer les armes contres nos propres généraux, de *transformer la guerre impérialiste en guerre civile*, de prendre le pouvoir et l'économie afin d'en finir avec le salariat, les guerres et l'exploitation.
