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Title: La mort d'un "grand" : 2 poids & 2 mesures
Description: Note satirique sur les funérailles de Brejnev, « grand homme » salué par tous les représentants du capitalisme mondial, bureaucrate aux mains couvertes de sang prolétarien.
Date: 01/10/1982
Category: Alarme n.º 18
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1982-10-la-mort-d-un-grand-2-poids-2-mesures
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*Alarme*, n° 18, octobre-novembre-décembre 1982 (p. 11). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n18.pdf)

Ils se tous pressés, tous les représentants du capitalisme mondial, sur la tombe du boucher. Ils se sont bousculés pour aller s'incliner devant cette puissance tant respectée par tout ce vieux monde. Seuls les représentants de l'Albanie auraient pu faire défaut; en effet, comme pour eux, Staline n'est pas mort, comment son successeur pourrait-il être décédé ?

Ainsi un des fils spirituels du "petit père des peuples" vient de mourir. Radio, télé, journaux, font allusion à lui en tant que "grand homme". Nous sommes pour notre part dans la plus grande perplexité; pourquoi "grand" ? Une erreur s'est certainement glissée insidieusement quelque part, à moins qu'ils ne fassent allusion à sa haute stature (il mesurait déjà avant de mourir 65 kg). Mais nous ne voulons et ne pouvons comprendre ce "grand homme" que comme une malheureuse coquille, ils voulaient tous dire "gros homme"; en effet M. Brejnev ne pesait-il pas déjà (à 74 ans 1/2 !!) 1,69 m ? C'est en effet la seule interprétation possible, M. Brejnev ne possédant aucune des qualités qui pourraient faire qu'un homme ait une certaine grandeur. Au contraire, membre d'une bureaucratie capitaliste, ses mains sont couvertes du sang prolétarien.

Ce "gros homme" donc était champion toutes catégories des médailles : en effet, les journaux sont, sur ce point, formels : il les possédait toutes. Médaille en chocolat de premier de la classe, médaille en sucre d'orge de la purge, médaille de philosophie, de littérature, etc...

Il possédait même plusieurs médailles du travail socialiste. Il considérait en effet le travail "socialiste" comme hautement sacré : c'est d'ailleurs pour celà qu'il n'y touchait jamais (comme le reste de la bureaucratie) et qu'il veillait à ce qu'y soit enchaîné le prolétariat. Certains commentateurs à la télévision sont allés jusqu'à prétendre qu'il faisait même la pluie et le beau temps. Ils faisaient certainement référence au fait que M. Brejnev ait décrété et appris aux yéménites du sud que ceux-ci avaient subi une violente tourmente quelques semaines auparavant, et qu'en conséquence il leur envoyait, manu militari, ses condoléances. Quelle politesse ! C'est d'ailleurs aussi par politesse que la bureaucratie russe a envoyé son armée porter ses condoléances en Afghanistan, pour la mort de l'ex-camarade président qu'ils avaient fait assassiner par le K.G.B. Pour finir, messieurs les bureaucrates, malgré tous les moyens que vous déployez, vos enterrements nous laissent de glace, ils ne font pleurer que vos sbires et (mais nous en doutons) vous-mêmes.
