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Title: Trotskisme : défense inconditionnelle du capitalisme d'Etat
Description: Critique du programme trotskiste, capitaliste par son soutien électoral à la gauche, aux nationalisations, à la démocratie, aux syndicats et à l'impérialisme russe.
Date: 01/04/1984
Category: Alarme n.º 24
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1984-04-trotskisme-defense-inconditionnelle-du-capitalisme-d-etat
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*Alarme*, n° 24, avril-mai-juin 1984 (p. 14-15). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n24.pdf)

Si le 10 mai 1984 figure le 3 eme anniversaire de la gauche au pouvoir, cet anniversaire stigmatise de façon évidente et en le confirmant, le rôle anti-révolutionnaire du mouvement gauchiste.

Les différentes tendances trotskistes, chefs de file de cette extrême gauche " révolutionnaire ", ont pour leur part une très grande responsabilité à l'impasse de la lutte révolutionnaire d'aujourd'hui. En agissant en fidèles chiens de garde des partis pseudo communiste ou socialiste, en se posant en défenseur du capitalisme d'Etat russe contre le bloc US, elles font chaque jour la démonstration de leur activité pro-capitaliste et de fossoyeur de l'émancipation du prolétariat dont elles osent se prétendre " l'avant-garde " éclairée et éclairante. Mais nous ne le répèterons pas assez, le programme trotskiste est aujourd'hui capitaliste :

- Par son appel à voter, soutenir la coalition P "S" / P "C" dont la nature capitaliste n'est plus à démontrer, sa gestion du capital partout où elle est au pouvoir représente une des plus formidables attaque contre la classe ouvrière, d'autant plus qu'elle bénéficie de la bénédiction syndicale. Coalition de gauche et extrême-gauche laissent loin derrière elles la " droite réactionnaire " du capitalisme " privé ", de par l'impact qu'elles ont encore au sein de la classe historiquement révolutionnaire.
- Sa défense de l'économie nationale à travers la revendication des nationalisations, totalement réactionnaire, puisqu'elle ne fait que " transférer " la domination du capital sur le prolétariat, aiguisant la concurrence des prolétaires public/privé, et renforçant le pouvoir économique, politique et social de l'Etat capitaliste.
- Son soutien à la démocratie parlementaire, à la légalité, à la lutte contre d'autres formes de domination politique sur la classe ouvrière au bénéfice de la Démocratie, contre le fascisme par exemple, embrigadant le prolétariat dans la mystification électorale, et reléguant aux oubliettes la défense inconditionnelle de l'intérêt de classe, intérêt qui ne peut s'accomoder d'aucune barrière juridique ou sociale.
- Enfin sa participation, sa présence et son soutien au syndicalisme, alors que celui-ci donne chaque jour les preuves de sa nature capitaliste, brisant la solidarité ouvrière dans l'oeuf nationalement et internationalement. Depuis le premier conflit mondial en 1914, où il a contribué à embrigader la classe ouvrière derrière le drapeau national, alors que le défaitisme révolutionnaire est un principe fondamental du prolétariat, en passant par le " front populaire " qui sonnait le glas d'une effervescence violente de la lutte de classes et préparait la deuxième boucherie de 1939, l'anihilation du mouvement soixantehuitard jusqu'à la collusion ouverte avec l'actuel gouvernement capitaliste de l'Etat français pour la " sauvegarde et la rentabilité de l'économie nationale ".

Pour le mouvement trotskiste, la classe ouvrière n'est qu'une masse de manoeuvre qui ne pourra jamais parvenir à la conscience communiste. Elle attend donc du " parti révolutionnaire " qu'il la sauve de la damnation éternelle. En attendant, ce parti, ou les composantes de ce nouveau parti trotskiste, véhicule la conscience qui selon lui peut être comprise par cette pauvre masse inculte : celle qui se situe à mi-chemin entre la bête de somme et... le délégué syndical ! Puis viendra "l'immitation Sabbatique" que prodiguera le parti qui comme chacun le sait à été " visité " par Marx, Engels, Lenine et Trotski, " révélant " la vérité au comité central, seul susceptible de comprendre les aléas de la lutte de classe, et par la même d'agir révolutionnairement. Les prolétaires, au nom des tactiques trop compliquées à comprendre pour lui, doit les suivre et surtout continuer à se faire exploiter.

La lutte de classes est pourtant un tout. Elle suppose la rupture avec les sacre-saintes séparations qui visent à la castration du mouvement subversif de la société. Elle nécessite pour cela même, la rupture avec les schémas intellectuels/manuels, conscience révolutionnaire/conscience syndicale, bons dirigeants/mauvais dirigeants etc... Si l'émancipation du prolétariat doit être l'oeuvre du prolétariat lui-même, elle ne se fera que contre le trotskisme, le syndicalisme et les partis staliniens ou dits socialistes. Ce que nous affirmons là n'est pas gratuit, mais résulte de la perspective qui est la nôtre ; la destruction immédiate de la société d'exploitation basée sur le travail salarié. Dans ce but, notre critique du capitalisme est une critique qui ne vise pas au renforcement de l'Etat (nationalisations), ou à l'aménagement de la forme d'exploitation (auto-gestion et autres subterfuges), elle vise à l'affirmation de la nécessité immédiate de l'abolition du salariat au travers de toutes les luttes quotidiennes, à la démystification des pseudo PC et PS, en avançant l'urgence d'une indépendance de classe organisationnelle et pragmatique. La conscience révolutionnaire et communiste du prolétariat ne peut émerger qu'à ce prix !

Par leur défense inconditionnelle de la Russie, fief du capitalisme d'Etat, les tendances trotskistes embrigadent les prolétaires dans la défense d'un bloc capitaliste et impérialiste contre un autre, au nom d' "acquis positifs" (lesquels ?) d'une révolution prolétarienne balayée par la contre-révolution stalinienne et n'ayant pu à aucun moment abolir les rapports capitalistes de production. Le rôle du prolétariat n'est pas la recherches d'étapes vers le communisme, mais la lutte autant contre le capitalisme de l'Est que contre celui de l'Ouest, de la Russie aux USA, et de la Chine au Nicaragua ou Cuba, et ce immédiatement.

Le rôle du prolétariat est d'oeuvrer à la destruction des frontières, entités d'exploitation, et non à la création de nouveaux Etats, qu'ils soient palestiniens ou zoulou, au nom d'une quelconque " libération nationale " contre l'impérialisme américain ou autre, comme le revendiquent nos élus " camarades " trotskistes en bons défenseurs de l'impérialisme russe. Depuis la fin de la seconde guerre mondiale, l'aide militaire et économique de l'impérialisme russe aux différents mouvements de libération nationale, du Vietnam au Laos, en passant par l'Algérie, le Nicaragua ou le Salvador, n'a été que le prétexte au maintien de l'exploitation nationale au nom du capitalisme d'Etat dans sa recherche de profit et d'écrasement des potentielles luttes subversives du Prolétariat au bénéfice des intérêts de la Russie capitaliste. Il n'y a pas de peuple à défendre : l'intérêt du prolétariat est un intérêt de classe qui ne peut tirer profit d'un amalgame avec les paysans, les commerçants, les pacifistes-féministes-écologistes et nationalistes, qui ne visent au mieux qu'à un aménagement des " tares " du capitalisme, et au pire, à l'alliance avec la classe ouvrière pour mieux tirer profit de son exploitation. Pour exemple, le consensus social en Lorraine est actuellement des plus explicites.

Enfin nous affirmerons que pour en finir avec le trotskisme, le prolétariat devra rejoindre ceux de ses éléments les plus avancés et les plus conscients. Le rôle d'une avant-garde révolutionnaire, n'est pas de " coller " au cul de la classe ouvrière. Elle se démarque d'elle, et d'abord d'elle, par sa pratique qui va à contre-courant de l'alienation politique et sociale que la société capitaliste impose principalement à la classe qui doit émanciper l'humanité. Elle se démarque aussi par la rupture nette et franche avec l'idéologie capitaliste, des tactiques et autres artifices de mystification de la société d'exploitation pour sa perpétuation.

Le mouvement trotskiste colle au cul d'une classe ouvrière complètement atomisée, abrutie. De démagogie en paternalisme cynique, il creuse chaque jour la tombe du prolétariat en le poussant dans les impasses du nationalisme, de la légalité, de l'aménagement de l'exploitation, de la perpétuation du mythe du socialisme à l'Est, etc...

L'abolition du salariat doit être aujourd'hui, le mot d'ordre de la classe ouvrière par excellence. Il ne se concrétisera que violemment, par la dictature du prolétariat contre la dictature capitaliste de l'Est et de l'Ouest, en extirpant partout la base de cette société capitaliste décadente, l'achat et la vente de la force de travail, qu'elle se fasse à la sauce staline-trotskiste ou à la sauce Ketchup.
