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Title: Théorie de l'apartheid restreinte et généralisée
Description: À partir des propos d'un homme d'affaires sud-africain selon lequel « la planète entière pratique l'apartheid », le FOR montre que l'exploitation de classe est l'apartheid généralisé et oppose aux campagnes anti-racistes le mot d'ordre classe contre classe.
Date: 01/07/1985
Category: Alarme n.º 29
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1985-07-theorie-de-l-apartheid-restreinte-et-generalisee
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*Alarme*, n° 29, juillet-août-septembre 1985 (p. 13-14). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n29.pdf)

> **« LA PLANÈTE ENTIÈRE PRATIQUE L'APARTHEID »**
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> Mon interlocuteur s'emporte : « *Vous autres, en Europe, vous nous reprochez l'apartheid : quelle hypocrisie. Combien de travailleurs immigrés vivent donc à Neuilly ou dans le seizième arrondissement de Paris ? Regardez le monde entier : y a-t-il beaucoup d'Européens qui habitent dans les casbahs d'Algérie ou dans les bidonvilles noirs qui encerclent les villes africaines ? Y a-t-il beaucoup d'arabes dans les beaux quartiers juifs d'Israël ? Notre seul problème est la proximité : Soweto est à nos portes alors que le monde des affamés se trouve à des centaines de kilomètres de vos villes blanches. La planète entière pratique l'apartheid, mais il s'agit d'un apartheid « naturel », économique. Seul notre gouvernement a eu le courage de le reconnaître, et de l'inscrire dans la loi. Au fond, vous nous punissez pour notre franchise.* »

Que voilà des choses intéressantes et si bien formulées !

Ainsi nos bons dirigeants, les politiciens, les associations humanitaires et nous en passons, tout ce beau monde épris de justice, de liberté, de fraternité et nous en passons ici aussi, n'aurait pas encore compris que la planète entière est un immense camp de travail ségrégationiste.

Et ce serait un vulgaire homme d'affaires bassement matérialiste du pays de l'apartheid qui serait dans le vrai ?

"Non, non, non trois fois non !" répondront les gens cités plus haut ; "il ne faut pas confondre, chez nous c'est différent, l'ouvrier peut s'en sortir, il est l'égal devant la loi du milliardaire, il peut voter qu'il soit blanc, gris ou complètement saoul dès l'instant qu'il est citoyen."

Ah bon ! vous nous rassurez, chers défenseurs de l'opprimé, du sans grade, du prolétaire de bureau ou d'usine, de l'Homme ! N'empêche... le doute c'est une chose terrible.

Que la société (toutes frontières confondues) soit diviseé en classes sociales antagoniques, classe capitaliste contre classe ouvrière, ne représenterait rien d'autre qu'une péripétie dans la civilisation moderne, un aléa bien léger en contrepartie du racisme, de l'atteinte aux droits de l'homme, le droit des peuples à disposer d'eux-mêmes que chaque état tient à combattre en regroupant derrière sa flamboyeuse bannière "les forces du progrès" !

Eh bien non ! à nous de crier non !

Pour quiconque ouvre un peu les mirettes, la réalité du fonctionnement de cette civilisation morbide saute aux yeux. Et malgrè l'hypocrisie et le cynisme que la classe capitaliste déploie, la vérité quant à sa crapulerie lui échappe parfois, qu'elle émane directement d'un de ses membres, d'un de ses valets journaleux ou de la repression d'une lutte plus ouverte du prolétariat contre son exploitation. Et cette vérité énoncée dans l'interview est pour nous celle qui détermine tous les autres mensonges, les terrains de lutte bidons et réactionnaires.

En Afrique du Sud — si besoin était d'avancer une preuve supplémentaire à celles que fournit notre misère quotiduienne de prolétaire —, une part influente du milieu fiancier entreprend des discussions avec U.D.F et surtout l'A.N.C afin de "composer" avec le futur pouvoir noir et négocier le maintien et le renforcement de l'exploitation de la classe ouvrière noire et blanche. Et dire que l'A.N.C est comme cul et chemise avec ... Moscou ! La lutte pour le profit n'a vraiment pas de couleur et encore moins d'odeur.

Pour nous militants communistes le centre nerveux à désigner comme cible immédiate au prolétariat noir, blanc ou jaune, russe ou américain est l'exploitation de classe. Cette exploitation que la couleur de la peau, la nationalité le sexe ou l'âge accentuent s'exprime par le salariat, la vente et l'achat de notre force de travail. Notre but est sa destruction en détruisant partout ce et ceux qui s'y opposent : syndicats "libres" ou "rouges", "P.C", "P.S", leurs valets "critiques" trotskistes et d'une manière plus générale la mouvance qui tend à attirer le prolétariat dans l'impasse de la lutte contre le conolialisme, la défense guerrière ou économique de la patrie. Pour la classe ouvrière peu importe quelle est la couleur de la peau, des yeux ou des fesses de celui qui tient le bâton et distribue le rata de sa misère quotidienne.

La révolution communiste, qui paraît à la majorité utopique, n'en reste pas moins l'unique chance que l'humanité a de briser la chaîne qui lui enserre le cou tous les jours un peu plus...

"La planète entière pratique l'apartheid, mais il s'agit d'un aprtheid "naturel", économique". C'est ce "naturel" qu'il faut chasser et seul un changement radical des rapports sociaux, de production et distribution vers la satisfaction des besoins humains peut le produire. Aussi contre tous ceux qui appelent à :

- l'anti-racisme béat
- au pacifisme bêtifiant
- à la défense des droits de l'homme, en fait droit à l'exploitation
- ou à la libération nationale populaire et l'auto-détermination,

nous opposons le mot d'ordre de CLASSE CONTRE CLASSE, sans compromis avec l'Etat blanc ou noir, de l'est ou de l'ouest.
