---
Title: Rupture au FOR
Description: Le FOR rend compte de la rupture de mars 1988, née de l'affaire de deux militants liés au groupe argentin Emancipacion Obrera et du refus d'une assemblée générale réclamée par la minorité.
Date: 01/05/1988
Category: Alarme n.º 39
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1988-05-rupture-au-for
---


*Alarme*, supplément au n° 39, mai 1988 (p. 4). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n39.pdf)

Au mois de Mars 88, une rupture est intervenue au Ferment Ouvrier Révolutionnaire. Les auteurs de celle ci, malgrès l'intention dont ils nous ont fait part, n'ont toujours fait aucune déclaration publique et nous devons donc nous meme informer des circonstances dans lesquelles elle s'est produite. Toutefois nous considérons qu'il appartient à ceux qui ont rompu d'exposer le terme politique de leur désaccord présent, à défaut de quoi nous serions contraint de dénoncer sans aucun frais de paroles leur totale inconséquence.

Ceci dit, aux faits ! Au milieu de l'année 87, deux militants du FOR ont rompu la discipline de notre organisation en direction du groupe argentin « Emancipacion Obrera » dont ils s'étaient fait les apologistes depuis de longs mois. Il n'y a pas lieu de donner les détails de cette affaire puisque leur faute, une fois découverte malgrès leurs dissimulations et leurs mensonges, fut reconnue comme en étant bien une par l'ensemble de l'organisation. Cependant peu après avoir essuyé de très vifs et légitimes reproches de la part de certains, ces deux militants déclarèrent vouloir momentanemment cesser toute activité. Une organisation révolutionnaire ne peut retenir personne mais il appartient dès lors à elle seule de décider la réintégration de militants et son opportunité. Les deux « militants » à l'écart, sans aucune retenue pour ne pas dire plus, et quelques militants en place conciliants à leur égard en dépit de leur faute, voulurent en décider autrement. Les « deux » devaient etre immédiatement réintégrés et dans cette question tout fut mis, par les protégés et davantage par leurs protecteurs, la tete en bas au point de faire dépendre l'avenir et le fonctionnement du FOR de cette réintègration. Ce fut l'amorce d'une querelle intestine destructrice qui devait durer environ six mois et susciter une importante correspondance interne. Un retour en arrière s'impose. Il y avait déjà eu six mois d'énervement provoqués par la défense exagérée des « deux » du groupe EO, avec dans le « meilleur » des cas des arguments de type « tiers mondistes » contre la critique de ce groupe qui s'ébauchait dans notre sein ; il y eut encore quelques mois de discussions très pénibles pour mettre à nu le manquement des « deux » en direction des argentins. Cela pesait lourd, très lourd et notre organisation parvenait à peine à se remettre que de leur retraite dernièrement décidée, les « deux » relançaient un débat, cette fois les concernant en propre. Toutefois dès ce moment, c'est moins eux meme que le soutien qu'ils se savaient acquis pour leur réintègration et auquel appartenaient notamment deux créateurs du FOR en France, qui jeta à nouveau le trouble et paralysa presque totalement notre activité. Cela ne pouvait plus durer, et au regard du comportement général des « deux » bien plus qu'à celui de leur seule faute reconnue de tout un chacun, une demande fut rédigée par un militant en vue de transformer leur retrait volontaire en expulsion. Une majorité du FOR se prononça pour puis devant cette détermination une minorité contre en réclamant une assemblée générale dans laquelle les « deux » devaient etre présent. Les militants s'étaient prononcés, l'assemblée était donc superflue mais elle allait faire parler d'elle. Nous frisions à ce moment le délire « démocratique » si tant est que tenter de modifier un vote peut l'etre et le FOR risquait selon l'expression d'un de ses militants de se transformer en un club de libre-penseurs. A l'exeption d'un militant, la majorité et non sans etre harceler par la minorité refusa donc la tenue de la fameuse assemblée. Une assemblée avait bien été projetée antèrieurement mais elle n'avait rien à voir avec celle désormais proposée. Ceci étant dit devant le refus de la majorité la minorité décida de rompre avec le FOR. Nous le répètons, nous ne connaissons toujours pas le terme politique de cette rupture. Quoiqu'il en soit nous tirerons, pour notre part, les enseignements de cette expérience peu reluisante au regard de nos positions politiques car il est désastreux q'un groupe comme « Emancipacion Obrera », l'un des plus faible idéologiquement au sein du soi-disant « milieu », soit à l'origine de cette grave perturbation.
