---
Title: Minorités... russes
Description: Les minorités russes des pays baltes, enjeu nationaliste entre la Russie et les nouveaux Etats, et la nécessité pour les prolétaires russes de s'unir aux prolétaires baltes et de Russie.
Date: 01/01/1993
Category: Alarme n.º 48
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1993-01-minorites-russes
---


*Alarme*, n° 48, 1er semestre 1993 (p. 9-10). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n48.pdf)

Les minorités russes dans l'ex-empire russe (1) occupent une place bien particulière qui les transforme en enjeux politiques, démographiques et sociaux, majeurs.

Leur présence numérique dans les Etats Baltes et surtout en Lithuanie (40 % de la population) hypothèque lourdement et à plus d'un titre leur récente indépendance. Pour la Nation Balte, les Russes cumulent trois dangers. Le plus visible aujourd'hui, c'est le danger nationaliste, unifiant encore tous les russophones de cette zone. C'est-à dire qu'une grosse masse de population d'un petit pays peut demander à bénéficier d'avantages conjoints à deux nationalités, dont l'une est celle d'un nouveau grand frère Russe, à peine moins grand et "fraternel" qu'autrefois.

En menaçant la Russie d'un retour migratoire des Russes baltes, la Lithuanie a beaucoup à perdre, surtout vu la nature de sa population russe, constituée en grande partie d'ouvriers qualifiées. La Russie elle, n'en veut surtout pas car ils iraient simplement s'agglutiner dans les futurs bidonvilles de PeterLinsGrad (2) ou de Moscou. Elle est donc prête à exercer de fraternelles pressions pour que les Russes baltes deviennent des russes Baltes, avec par exemple la reconnaissance du bilinguisme par Vilnius.

Ceci inquièterait les "autochtones" car la démographie de la colonie (ou plutôt du peuplement) russe leur est bien supérieure et les menacerait linguistiquement à moyen terme.

Il reste bien l'expulsion ou l'incitation à l'émigration vers la Scandinavie, mais les démocrates protestants nordiques semblent prêts à agir comme de vulgaires cato-mafieux italiens vis-à-vis des Albanais.

La population russe risque donc de rester dans les pays baltes, menacée - et donc agressive - dans sa langue et ses privilèges. En Lithuanie, l'essentiel de cette population est ouvrière et les privilèges sont simplement relatifs à l'état de sa survie si elle était en Russie-même. Là, le conflit nationaliste larvé peut déboucher à tout moment en guerre sociale déclarée, où la confusion entre les objectifs prolétariens et les revendications nationalistes risque d'être totale.

La Russie, sans bouger le petit doigt pour les prolétaires, fait et fera de grandes déclarations sur les minorités nationales opprimées (ça lui va bien !). La position des prolétaires russes dans les Etats baltes est donc déterminante et intenable. Leur unique chance de ne pas être écrasés, en douceur aujourd'hui, en force demain s'ils se soulèvent, c'est au moins de s'unir entre eux, avec les prolétaires baltes, ainsi qu'avec les ouvriers en Russie et principalement avec ceux de "Léningrad", combattifs et déjà menaçants pour Elstine.

AOUT 91

(1) N'ayant jamais reconnu l'URSS que comme 4 mensonges en 4 lettres, nous n'allons tout de même pas parler aujourd'hui d'"ex-URSS" !

(2) Puisque l'heure est aux baptêmes, minutes du souvenirs et autres cérémonies touchantes, n'hésitons pas un instant à lancer nos propositions.
