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Title: Le stalinisme de toujours du P"C"F
Description: Rappel historique de la contre-révolution stalinienne, de Kronstadt et de la Chine à l'Espagne et aux pays de l'Est, et du rôle du P"C"F à la remorque du Kremlin : direction et dissidences ne font qu'un contre le prolétariat.
Date: 01/04/1980
Category: Alarme n.º 8
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/originales/1980-04-le-stalinisme-de-toujours-du-p-c-f
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*Alarme*, n° 8, avril-mai-juin 1980 (p. 7-13). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n08.pdf) · [Traduction en espagnol](https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-04-el-stalinismo-de-siempre-del-p-c-f)

Tout le raffût fait par les dirigeants du P"C"F sur le contenu "révolutionnaire" de leur organisation est pour le moins répugnant. Depuis pas mal de temps nous n'avions pas entendu ce terme employé dans la bouche de ces bureaucrates hypocrites et cyniques. Nous en avions entendu bien d'autres, certes. "Socialisme", "communisme" continuent à être employés avec une préférence toutefois pour le premier. Mais la volonté de se faire conciliant vis-à-vis de la bourgeoisie et petite bourgeoisie française les avaient poussés à effacer de leur vocabulaire le mot "révolutionnaire". Soudain, à la suite de l'invasion par les troupes russes de l'Afghanistan (cf. Alarme n°7 : tour d'horizon internationl), "révolutionnaire" fut pris et repris par tous les Marchais et autres puants contre-révolutionnaires! Surprenant que nous employions un terme aussi tranché et aussi radicalement opposé à communiste et révolutionnaire pour désigner des hommes qui se prétendent tels ? Surprenant que nous affirmions avec véhémence et à contrecourant des "idées" communément admises que la politique et l'action du Parti anti-communiste, à l'opposé d'être même relativement bienfaitrices pour la classe ouvrière, sont entièrement foncièrement et irréversiblement anti-ouvrières, destinées à désorienter le prolétariat, le bafllonner, l'écraser si nécessaire, et renforcer le capitalisme par une exploitation de plus en plus forte ? Surprenant ? Non, pas pour celui dont la mémoire n'est pas trop courte. Rappelons donc les principaux faits historiques qui nous permettent de telles affirmations et d'appliquer de tels épithètes aux Marchais, Berlinguer et Carrillo parmi tant d'autres bureaucrates aussi fiéfées crapules les uns que les autres.

Contre ces menteurs, il nous faut retracer dans leurs grandes lignes les événements les plus marquants des naissances et évolutions des partis prétenduement "communiste", faits qui sont totalement cachés, maquillés par les dirigeants des ces partis de la contre-révolution.

## Révolution et contre-révolution en Russie

En Octobre 1917, les bolcheviks portent à sa conclusion logique, c'est-à-dire la prise du pouvoir par le prolétariat, le mouvement révolutionnaire qui secouait le pays depuis de nombreux mois. Pour la première fois dans l'histoire, un pays entier passait sous gouvernement prolétarien. Mais alors que toute la stratégie bolchevique se basait sur l'intervention rapide de la révolution socialiste en Europe et plus particulièrement en Allemagne, la révolution russe russe resta isolée. Un puissant mouvement révolutionnaire ébranla le capitalisme en Europe mais échoua partout. Cet échec de l'extension spatiale de la révolution, qui seule aurait pu permettre, précisons-le, sa transformation en Russie de révolution permanente, c'est-àdire prolétarienne mais uniquement politique dans un premier temp, en révolution socialiste, laissait s'enfoncer progressivement la révolution russe dans une situation inextricable du point de vue de la progression révolutionnaire. Rosa Luxembourg a parfaitement souligné cette impasse : "la situation fatale dans laquelle se trouvent aujourd'hui les bolcheviks, ainsi que la plupart de leurs fautes sont elles mêmes la conséquence du caractère fondamentalement insoluble des problèmes auxquels les a confrontés le prolétariat international et surtout le prolétariat allemand. Etablir une dictature prolétarienne et accomplir un bouleversement socialiste dans un seul pays, encerclé par l'hégémonie sclérosée de la réaction impérialiste et assailli par une guerre mondiale, la plus sanglante de l'histoire humaine, c'est la quadrature du cercle. Tout parti socialiste était condamné à échouer devant cette tâche et à périr, qu'il soit guidé dans sa politique par la volonté de vaincre et la foi dans le socialisme international ou par le renoncement à soi-même".(1)

Enfermée à l'intérieur des frontières de Russie, la révolution d'Octobre était condamné à s'effondrer. En 1920, la Russie se trouve après six ans de guerre, dans un état d'effondrement économique sans esemple dans l'histoire de l'humanité. La fin de la révolution est proche. C'est l'année 1921 qui en marquera la date. La crise de 1920 devait trouver sa solution et les bolcheviks n'avaient pas le choix. Deux faits d'importance majeure se dérouleront simultanément : la tenue du X° Congrès du Parti Communiste Russe et l'écrasement de la Commune de Kronstadt. Le Parti Communiste de Russie ne pouvait abandonner le pouvoir sans laisser le champ libre à la contre-révolution blanche et les mesures qu'il prit pour conserver le pouvoir entre ses mains allaient être les premiers vagissements d'une contre-révolution dont il allait être l'instrument d'exécution et qui allait se révéler beaucoup plus sanglante pour le mouvement révolutionnaire international aussi bien que russe et beaucoup plus dangereuse pour l'avenir socialiste de l'humanité que ne l'aurait été une contre-révolution blanche. Lors du X° Congrès du PC Russe sont proclamés supprimés le droit de tendance au sein du Parti et le "communisme de guerre", tentative d'établissement à un niveau très bas d'une distribution socialiste. La Nouvelle Economie Politique, qui allait ranimer une économie capitaliste qui n'avait **jamais disparu de Russie**, se substitue au "communisme de guerre" tandis que la suppression du droit de tendance prépare le terrain aux ambitieux arrivistes qui joueront des coudes pour mettre la main sur la direction - Staline d'ailleurs ne sera-t-il pas élu secrétaire général du Parti en 1922 ?-.

Avec la NEP, la plus-value passa de nouveau au premier plan, tandis que, jusque là, ce qui avait dominé le processus de production avait été le capital variable, la masse salariale, c'est-à-dire la satisfaction, au maximum des possibilités permises réelles, des besoins des ouvriers.

L'écrasement de la Commune de Kronstadt, lui, sert plutôt de révélateur de l'extrême essouflement de la révolution. Kronstadt est une base navale au large de Pétrograd et, en 1917, les marins avaient été, comme l'avait dit Trotsky lui-même, "l'orgueil de la révolution". Début mars 1921, ils se soulèvent avec des mots d'ordre assez confus, en fait correspondant dans les revendications économiques aux objectifs de la N.E.P, mais aussi avec des aspirations de démocratie ouvrière à l'intérieur des soviets et dans la vie politique en général. Les bolcheviks répriment sauvagement l'insurrection. Une des têtes de la révolution en dévore une autre : la révolution est à l'agonie ; la contre-révolution n'a plus en face d'elle qu'une classe ouvrière épuisée et saignée par des années de guerre impérialiste, puis de guerre civile et de famine. Et cette contre-révolution va se développer à la faveur de deux éléments qui ont été instaurés par les bolcheviks eux-mêmes et que le non-aboutissement de la révolution permanente transformera en caractéristiques de base de la contre-révolution et en armes terribles contre le mouvement ouvrier : la propriété étatique des moyens de production, n'ayant jamais perdu leur carctère de capital et un appareil d'Etat extrêmement centralisé auquel s'identifie le Parti. Très vite, cette contre-révolution va se trouver un promoteur assidu : Staline, qui par sa recherche ambitieuse du pouvoir absolu, édifira empiriquement le Capitalisme d'Etat que nous connaissons encore actuellement en Russie. Aucun individu, aucune tendance ne sera capable de s'opposer victorieusement à la montée de la contre-révolution car seule la révolution socialiste en eût été capable. La contre-révolution qui grandit à partir de 1921 va prendre un caractère mondial et d'une brutalité inouïe, répondant ainsi au danger que faisait planer sur le système capitaliste le prolétariat mondial.

## L'Internationale communiste

L'"Internationale Communiste", ou IIIme Internationale s'est fondée en 1919 dans une optique de révolution mondiale imminente. Dans cette perspective, elle n'a pas tant recherché l'intransigence et la qualité des partis et de leurs dirigeants qui la rejoignaient qu'une audiance, la plus large possible sans abandonner l'objectif révolutionnaire. Les Partis Communistes rattachés à la IIIeme Internationale étaient le plus souvent confus et dans beaucoup de cas leurs dirigeants avaient un passé plus que douteux du point de vue révolutionnaire. C'est principalement pour cette raison que, lorsque la contre-révolution se dressera en Russie, les oppositions à la dégénérescence de la IIIeme Internationale en une arme de la contre-révolution mondiale entre les mains du Kremlin, ne seront que très minoritaires et, dans l'ensemble, l'Internationale "Communiste" emboitera le pas d'un seul élan à l'évolution qui s'était amorcée en Russie. Elle deviendra vite un instrument de défense, non plus des intérêts de la révolution communiste mondiale, mais des intértêts de la Russie, ces derniers étant, par nature directement opposés aux premiers. Elle ne fut bientôt plus qu'un instrument docile entre les mains du Kremlin contre-révolutionnaire sous un verbiage plus ou moins "révolutionnaire". Jusqu'à 1924, date de la mort de Lénine, la contre-révolution ne se distingua pas beaucoup de ce qu'avait été les derniers moments de la révolution agonisante autant au niveau de la Russie qu'au niveau de l'internationale, exceptée une intervention de cette dernière en Allemagne en 1923 au nom de l'intérêt de la Russie mais qui n'entraina pas de conséquences particulièrement désastreuses pour le prolétariat allemand. Mais après 1924, le caractère contre-révolutionnaire de l'Etat russe et de ses tentacules dans le monde va s'affirmer graduellement.

## La révolution chinoise 1925-27

En 1925 éclate en Chine un vaste mouvement populaire anti-colonialiste. Mais très vite, la classe ouvrière va montrer une certaine autonomie vis-à-vis de la bourgeoisie du Kuomintang (Parti du Peuple). Cette autonomie ouvrière est à deux doigts de se transformer en indépendance du prolétariat au moment de la vaste insurrection et de la conquête par les masses ouvrières de la ville de Shangaï, le plus important centre industriel du pays. Seule l'intervention du Parti "Communiste" chinois permit que la classe ouvrière reste confinée dans son autonomie et en fin de compte, par suite logique, soit écrasée par Chiang-Kaï-Shek, chef du Kuomintang et de "l'expédition du Nord", expédition militaire partie de Canton en vue d'unifier le pays alors divisé non seulement par les colonialistes européens mais encore par divers gouvernements locaux constamment en guerre. L'entreprise bourgeoise d'unification de la Chine se montra donc non point comme une révolution bourgeoise mais bien comme une contre-révolution dressée face au prolétariat, prouvant s'il y avait eu encore à le prouver l'impossibilité d'une révolution bourgeoise au moment où les conditions objectives sont mûres pour la révolution prolétarienne mondiale. Chiang-Kaï-Shek, massacreur du prolétariat de Shangaï comme sur la route de l'expédition du Nord des petits paysans occupant les terres des grandes propriétés foncières, avait jusque là été baptisé par le P"C"C du nom que lui avait attribué Staline : "Le meilleur ami du prolétariat". Au moment de l'écrasement du prolétariat de Shangaï, Staline annonça que son esprit génial avait toujours prévu la trahison de Shang-Caï-Shek et que le prolétariat chinois devait faire l'expérience. En conséquence, le "Kuomitang de gauche", opposition petite bourgeoise timorée établie en gouvernement à Nankin, est désormais baptisé "le meilleur ami du prolétariat"...jusqu'à ce que les ministres de Nankin prennent la fuite en catimini devant la progression conjuguée d'armées de Seigneurs de la Guerre et du Kuomintang de Chang-Kaï-Chek, après avoir laissé se commettre sur le territoire de leur administration de terribles exactions sur le prolétariat et les masses paysannes. En Russie, Staline parvient à se débarrasser de ce qui, bien que ne pouvant plus être dangereux, le gênait encore dans ses mouvements, à savoir l'opposition "trotskyste". Une fois Trotsky exilé, Staline, afin de renforcer sa position adopte la tactique même que préconisait Trotsky pour la Chine, mais trop tard et il le sait bien car il n'avait plus à craindre le triomphe d'une révolution dans cet énorme réservoir humain jouxtant les frontières de la Russie, triomphe s'il avait eu lieu qui par ses répercutions aurait pu éventuellement menacer son pouvoir autocratique sur son empire. Le Parti "Communiste" chinois fait donc brutalement un tournant à gauche lançant comme mot d'ordre la création de soviets qu'auparavant il empêchait, et provoquant des insurrentions sur commande dans certaines campagnes et à Canton. Les derniers éléments révolutionnaires du Parti seront massacrés ou le quitteront comme le fit son secrétaire général. Le Parti "Communiste" Chinois est vidé du faible potentiel révolutionnaire qui était le sien à sa naissance. Le Stalinisme et le nationalisme l'ont désormais totalement en main. La route est libre pour ce qui ne sera que le triomphe en Chine du stalinisme : la prise du pouvoir de 1949, coup d'Etat contre un Kuomintang incapable de maintenir l'ordre, passassion de pouvoir après quelques escarmouches, avec le soutien tacite des Etats-Unis et bien évidemment la jubilation de la Russie stalinienne.

## La montée du nazisme 1932-33

En Allemagne, l'action de l'Internationale (anti-)Communiste sera simple mais efficace. Staline décrètera que le prolétariat doit faire l'expérience de la barbarie nazie ; que le triomphe du nazisme est une étape obligatoire avant le triomphe du communisme. Par conséquent l'Internationale "Communiste" paralisera le prolétariat en le divisant et en avançant l'alliance avec le Parti National-"Socialiste", qui d'ailleurs, soit dit en passant, copie déjà sur le stalinisme ses méthodes. Le puissant prolétariat allemand qui faisait confiance en masse au Parti prétenduement "Communiste" sera livré pieds et poings liés au capital allemand qui arbore pour l'heure le masque nazi.

## La révolution espagnole 1936-37

C'est en Espagne que le stalinisme montrera sans fard son hideux visage. Depuis de nombreuses années avant 1936, le prolétariat espagnol s'est très fortement radicalisé, s'insurgeant même en 1934 à Madrid, Barcelone et en une révolution limitée géographiquement aux Asturies.

En juillet 1936, tout le pouvoir, les armes et l'économie tombent entre ses mains. Empêtré par la timidité constitutionnelle de l'anarchisme qui a une forte influence en son sein et du Parti Ouvrier d'Unification Marxiste, le prolétariat espagnol ne sait pas renforcer son pouvoir. Laissant établir la République, même si dans les premiers mois le gouvernement républiquain n'a absolument aucun pouvoir, il laisse se consolider petit à petit, derrière son dos, la force qui appuiera le gouvernement républicain contre le prolétariat et son pouvoir, et qui écrasera dans le sang ces derniers : le Parti "Communiste" espagnol. Staline ne veut bien évidemment pas d'une révolution en Espagne. La radicalité dont fait montre la révolution qui a éclaté en Espagne et la situation internationale encore instable, la vague révolutionnaire engendrée par Octobre 17 ne s'étant pas encore brisée, poussent Staline à intervenir en Espagne pour y rétablir l'ordre...capitaliste cela s'entend. Mais il ne veut pas non plus du triomphe de l'insurrection militaire dirigée par Franco. IL prépare la guerre qui s'annonce et dans cette optique, ce qu'il veut c'est la conservation du statu-quo impérialiste international, donc le triomphe de la République espagnole, le prolétariat mis au pas. L'aide militaire qu'il fournit à l'Espagne a donc pour monnaie d'échange...l'or de la Banque d'Espagne bien sûr mais aussi et surtout la possibilité d'infiltrer partout ses agents: la police politique stalinienne russe ouvre des succursales espagnoles. Le gouvernement républicain glisse progressivement sous l'influence du P"C"E. Début 1937, la contre-révolution stalinienne se sent suffisamment implantée et forte pour éliminer la révolution. Jusqu'à présent elle n'a fait que combattre légalement par des assassinats et des coups montés, pied à pied avec le prolétariat. En Mai 37, elle veut en finir avec le prolétariat révolutionnaire espagnol. Pour l'écraser dans toute l'Espagne, elle le provoque dans le plus grand centre industriel du pays: Barcelone. Pendant toute une semaine, baptisée "semaine sanglante", le prolétariat de Barcelone en armes s'affronte avec les staliniens. Trahi par le POUM et par les organisations anarchistes, alors même qu'il tenait la plus grande partie de la ville, il se résigne à quitter les barricades emportant ses armes avec lui. Victorieux sur le plan militaire, il est battu politiquement. A partir de Juin, la Guépéou (GPU ancienne Tchéka, police politique russe) réprime durement les prolétaires révolutionnaires partout sur le territoire de la république. Chambres de tortures, camps de concentration et d'extermination marcheront à plein rendement. La révolution exterminée, la République voit les rangs de ses soldats désertés, sans enthousiasme aucun. Franco n'aura plus en face de lui de combattants galvanisés par la transformation sociale en vue mais uniquement des soldats réquisitionnés et se battant de surcroit, avec des armes techniquement inférieures à celles dont il dispose, avec résignation pour des intérêts qui ne sont pas les leurs en le sachant. En 1939, Franco entre à Valence ; la guerre d'Espagne est terminée mais la révolution espagnole, elle, l'est depuis deux ans, écrasée par la répression stalinienne. Pour Staline, la victoire de Franco est un moindre mal, ayant avant tout craint un triomphe de la révolution et son extension géographique à d'autres pays.

## Les procès de Moscou

Pendant que le stalinisme écrasait la révolution en Espagne, Staline, se débarrassait en Russie des vieux compagnons de Lénine, qui même s'ils s'étaient quelquefois associés à lui, n'étaient pas des larbins en qui Staline pouvait avoir toute confiance. Ils représentaient encore le souffle révolutionnaire qui avait secoué le pays en 1917 et, préparant la guerre, Staline ne pouvait se permettre de laisser vivants des hommes qui pourraient s'opposer à lui ou représenter une éventuelle équipe de rechange aux yeux de la bureaucratie du Parti-Etat.

## L'invasion de la Finlande 1938

En envahissant militairement la Finlande, la Russie montrait pour la première fois son caractère impérialiste qu'elle réaffirmera très souvent ensuite jusqu'à l'Afghanistan en 1980.

## Pacte Hitler-Staline 1939

Avec le pacte Hitler-Staline, le maitre tout puissant de la Russie inaugurait le début d'un jeu d'alliances sur le terrain militaire avec les impérialismes dominants, Allemagne d'abord, puis France et Angleterre, enfin Etats-Unis. Par ce jeu d'alliances, Staline visait de se frayer une place en première ligne pour profiter du partage du monde qui devait clore logiquement la guerre impérialiste. Déjà en 1939, le partage de la Pologne s'effectue par accord mutuel entre Staline et Hitler.

## Invasion des pays de l'Est

Combattant contre son ancien allié, l'armée rouge conquiert ce qui sera à la fin de la guerre respecté par les accords de Yalta comme la chasse gardée de la Russie.

Partout où elle pénètre, elle ravage, pille, se partage le butin, écrasant tout mouvement populaire. Là où elle commettra le plus d'horreurs, c'est sans doute en Allemagne où les populations civiles subiront tortures, viols, brimades et meurtres.

Nous nous arrêterons à cet épisode historique. En effet, il est inutile de continuer nôtre description de la contre-révolution stalinienne car c'est avec l'invasion des pays de l'Est que se clot son évolution. Après cet épisode, il n'y a pas de fait particulier nouveau. Toute son action est encore inscrite dans la continuité des étapes que nous venons de retracer, y compris la prétendue "déstalinisation", déclarée en 1956 peu avant l'écrasement de la révolution hongroise.

## Le P"C"F

Le P"C"F a suivi l'évolution de l'Etat russe, à la queue de tous les tournants amorcés par le Kremlin. Il est l'exemple type d'un Parti membre de l'Internationale "Communiste", d'un Parti stalinien. Il sut parfaitement faire la chasse aux éléments révolutionnaires, aux trotskistes notamment qui à l'époque se nommaient "bolchevik-léniniste", "trotskistes" étant le nom que leur donnaient les staliniens en les assimilant d'ailleurs sans scrupule à des "agents de la gestapo", "fascistes", etc... Il sut aussi contenir le mouvement ouvrier en 1936 qui potentiellement représentait une menasse de révolution. "Il faut savoir arrêter une grève" est un mot non point d'un chef d'entreprise ou d'un ministre bourgeois mais de Thorez, secrétaire général du P"C"F. Puis en 1939, le P"C" ordonne à ses militants de refuser de combattre l'Allemagne, de provoquer des grèves et de paralyser la production et les transports. Non point bien évidemment par défaitisme révolutionnaire mais en raison du Pacte Hitler-Staline. Puis en 1941, retournement complet, "nos bons amis les nazis" se transforment en "nos ennemies de toujours", le P"C"F se lance dans la "Résistance nationale", défendant le capital français contre le capital allemand et appelant ses hommes à avoir "chacun son boche". En 1945, le P"C"F présente l'invasion des pays de l'Est comme une libération soulageant les peuples opprimés, travail dans lequel il est aidé d'ailleurs par les "trotskistes" qui voyaient dans la soumission des pays de l'Est à la contre-révolution stalinienne un grand bond en avant vers le socialisme ! En France, le P"C" ne reste pas les bras croisés face au travail de reconstruction capitaliste. Au gouvernement ou dans l'opposition, il se distingue particulièrement dans son acharnement à négliger les intérêts immédiats des ouvriers pour favoriser la hausse de la productivité, dénonçant les "fauteurs de troubles" et grévistes comme des "ennemie fasciste", "agents de la bourgeoisie" et "sûrement des anciens collabos non démasqués".

Comme on peut le voir, le P"C"F a suivi plus ou moins tous les tournants que la politique de Kremlin nécessitaient, même quand il ne semblait pas que cela fut le cas.

## Les oppositions de certains partis "communistes"

Certains partis "communistes" se sont opposés au Kremlin comme le P"C" chinois (cf Alarme n°4) et le P"C" yougoslave. Cela devrait-il nous pousser à croire qu'ils ne font pas partie de la contre-révolution stalinienne ? Pas du tout. Leur opposition s'est effectuée pour des raisons de pur intérêt national, c'est-à-dire capitaliste. Mêmes si leurs dirigeants ont essayé ensuite de justifier leur rupture idéologiquement, elle ne s'est jamais effectuée que par rapport à de bas intérêts concernant le chemin suivi par la plus-value qu'ils extraient du travail du prolétariat de leurs pays, la Russie en aspirant une portion extrêmement élevée. Trouvant scandaleux un pareil "détournement" de ce qui leur parait leur revenir de droit, ils ont tourné casaque vers l'impérialisme américain plus puissant économiquement que la Russie et donc plus léger à supporter pour les exploiteurs des pays qui sont dans son bloc.

## Les dissidences au sein du P"C"F

Les dissidences au sein du P"C"F sont présentées par beaucoup comme l'expression d'une volonté de "pousser jusqu'au bout" la "déstalinisation" du P"C" qui est critiqué comme étant "encore trop fortement marqué par le stalinisme". De la compréhension de cette dissidence de gens haut placés dans la hiérarchie du Parti ou y ayant été il y a peu, Antoine Spire nous en donne la clef : "je ne veux pas porter la contradiction à l'ensemble de la politique du Parti, même si j'en critique certain aspects. Je souhaite seulement que chaque militant gagne sa liberté d'expression, sa maturité politique. Le Parti en a besoin, même s'il n'est pas encore capable de l'accepter. En définitive, c'est son enrichissement qu'il risque de refuser". Il s'agit donc de porter le minimum de contradiction nécessaire au renforcement du P"C"F, de cet organisme de la contre-révolution. Ni plus ni moins.

## Conclusion

Nous serons bref:

Une organisation comme le P"C" forme ses militants à répondre à ce que l'on attendra d'eux. IL n'est attendu de la masse des militants de base qu'une acceptation globale des politiques adoptées par la direction. Pour parvenir à la direction, il faut avoir montré que l'on est totalement imbibé de l'esprit de son organisation, c'est-à-dire pour le P"C" de l'esprit qui s'est transmis de génération en génération depuis la chute de la révolution et le triomphe de la contre-révolution en Russie. Seuls ceux qui sont parvenus à de hauts postes au sein de la bureaucratie de l'organisation ont pu être formés "théoriquement", les autres n'étant considérés que comme troupes de manoeuvre et bétail électoral. Ce sont donc ces hommes et eux seuls, qui sont remplis totalement de l'esprit contre-révolutionnaire et anti-ouvrier de leur organisation, qui ont déjà prouvé qu'ils savaient mentir avec applomb, au prolétariat, s'abaisser et lécher les bottes de leurs supérieurs, obéir à tous les ordres même les plus stupides et les plus criminels, ce sont donc ces hommes, machines programmées au stalinisme, qui dirigent le Parti "Communiste" français, ou qui animent une dissidence bienfaitrice par le souffle contradictoire qui donne au P"C" une image qu'il veut la plus dynamique et démocratique possible. Le P"C" ou d'autres organismes de ce genre ne peuvent pas changer de voie. Ils sont irrévocablement lancés sur des rails sur lesquels il n'y a que des courbes mais pas d'aiguillage. Si elles ne sont pas détruites, ces machines terribles détruiront toutes les possibilités d'émancipation de l'humanité, préparant dès maintenant le suicide collectif du genre humain. Il faut donc voir les choses clairement : le présent comme le passé du Parti le plus foncièrement anti-communiste qui soit ne font qu'un, tout autant que ne font qu'un sa direction et ses dissidences. Cette unité est toute entière dressée sur le chemin de l'émancipation de l'humanité de toute division en classes, nations etc... et aujourd'hui même pousse à une toujours plus infernale exploitation de la classe qui produit tout et qui n'a rien exceptée une illusion de confort qui lui est donnée par les biens matériels que lui a accordé le capital pour, en activant sa circulation, accroître toujours plus rapidement son profit sur le dos du prolétariat.

1°) N'en déplaise à tous ceux qui, quelquefois d'ailleurs "revendiquant" Rosa Luxembourg, dénoncent Lénine et les bolcheviks comme des contre-révolutionnaires pour mieux prétendre eux-mêmes à l'infaillibilité, basent leur jugement sur le manque d'art divinatoire des bolcheviks : ceux ci auraient dû savoir à l'vance qu'ils allaient être les instruments de la contre-révolution en cherchant à faire triompher mondialement la révolution prolétarienne. Dans la continuité de leurs affirmations faussement radicales, ils en arrivent à condamner la révolution d'Octobre. Ah !, si ces détracteurs infaillibles (selon leur propre raisonnement, puisque, jugeant contre-révolutionnaire les bolcheviks par les conséquences des fautes qu'ils ont commises, il est bien évident qu'eux ne se tromperont jamais car sinon, devins comme ne peuvent qu'être à leurs yeux tous les vrais révolutionnaires, il est certain qu'ils se dénonceraient dès aujourd'hui comme contre-révolutionnaires) avaient pû être à la place des bolcheviks, n'en doutons pas la révolution mondiale aurait sans nul doute tromphé.
