---
Title: Tour d'horizon international: Rhodésie, Zimbabwe, une libération nationale en chasse une autre
Description: L'arrivée au pouvoir de Mugabe et de la ZANU par les élections organisées par les États-Unis et la Grande-Bretagne ne change rien à l'exploitation des prolétaires rhodésiens.
Date: 01/04/1980
Category: Alarme n.º 8
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/originales/1980-04-tour-d-horizon-international-rhodesie-zimbabwe
---


*Alarme*, n° 8, avril-mai-juin 1980 (p. 15-16). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1978-93%20Alarme/alarme-n08.pdf) · [Traduction en espagnol](https://marxismo.school/hemeroteca/alarme/1980-04-panorama-internacional-rodesia-zimbabue)

Les élections organisées par les Etats-Unis et la Grande-Bretagne se sont tenues ; résultat: une fois de plus les prolétaires de Rhodésie se sont laissés abuser, au lieu de boycotter ces élections organisées par le capital international, et de lutter pour la révolution sociale, ils y ont participé en grande majorité et ont élu M. Mugabé et son mouvement de libération nationale. Le capital international s'est rendu compte qu'en Rhodésie, le pouvoir "fort", était finalement assez faible, les capitalistes blancs qui le détenaient presque totalement, étant extrèmement isolés dans l'unité d'exploitation qu'est la Rhodésie.

Le gouvernement de M. Smith, combattu par le capitalisme russe, qui finance la plupart des mouvements de libération nationale, était soutenu jusqu'à ces derniers temps par l'impérialisme américain; quand la situation devint fragile, ce dernier opta pour un gouvernement capable de maintenir l'ordre social et l'aliénation capitaliste, en se faisant passer pour progressiste, et ainsi de jouir d'un prestige et d'une confiance certaine dans le prolétariat. La meilleure solution pour le capital internationale était donc un gouvernement d'union nationale.

L'opération a donc jusqu'ici bien marché pour le camp du capital. Voilà donc au pouvoir le mouvement de libération nationale de M. Mugabé qui, avant les élections, était présenté comme révolutionnaire par l'ancien gouvernement, comme un ennemi inconditionnel du gouvernement Smith; et voilà ce même mouvement de libération nationale (le ZANU) qui travaille aujourd'hui avec des membres de l'ancien gouvernement. Ceux-ci leur transmettront ainsi les dossiers et permettront, grâce à leur habitude de l'Etat capitaliste rhodésien, une plus rapide mise en marche et un "meilleur" fonctionnement du nouveau pouvoir et enfin, permettront à certains capitalistes (blancs) d'avoir confiance dans le nouveau gouvernement.

Quand le ZANU aura la situation bien en main il pourra se permettre de mettre à l'écart les dernières personnalités de l'ancien gouvernement qui y sont encore actuellement.

Reste à savoir maintenant si la Rhodésie va rester sous l'impérialisme U.S. ou va passer sous l'impérialisme russe, si la plus-value produite par le travail des prolétaires rhodésiens continuera à partir en grande partie sur Washington ou bien ira sur Mouscou. C'est le problème des capitalistes que de disputer la plus-value. Nous, nous dénonçons les mouvements de libération nationale comme (cf Alarme précédents) réactionnaires et donc comme contre-révolutionnaires.

Au Zimbabwé-Rhodésie, les troubles sociaux que l'ancien régime combattait par la force, seront désormais combattus par des moyens plus subtils, dont le plus fort sera probablement la tentative de mise sur pied de puissants syndicats, ouverts aux travailleurs noirs, auquels il sera dit: "Aujourd'hui pour vous c'est une grande victoire vous continuez d'être exploités, mais par des gens qui ont la même couleur de peau que vous".

Aujourd'hui l'indépendance nationale n'existe pas, comme nous l'avons dit précédemment, la Rhodésie comme les autres pays du monde sera sous la coupe de l'impérialisme, soit U.S., soit Russe. Les luttes de libération nationale, sous le capitalisme décadent, ont perdu le sens qu'elles pouvaient avoir au 19° siècle. Elles ne sont plus que des luttes entre les deux impérialismes pour s'accaparer une grande partie de la plus-value produite dans telle ou telle partie du monde.

Quand le prolétariat se laisse embrigader par ces mouvements, il est dans une voie sans issue pour lui. Les forces capitalistes veulent nous faire croire qu'en changeant de dirigeants nos conditions de vie changeront; c'est faux. Quel que soit les dirigeants, dans le système capitaliste, nous sommes condamnés à "vivre" comme esclaves salariés, à produire des richesses qui ne sont pas pour nous, à consommer suffisamment pour reproduire notre force de travail, et enfin à être jetés aux ordures quand nous avons finis d'être productifs.

Aujourd'hui, et ce depuis le début du siècle, le capitalisme a créé les conditions objectives de sa destruction révolutionnaire (unification capitaliste du monde, prolétariat mondial et potentiellement très puissant) et de la rapide marche vers le communisme intégral (vu le niveau atteint par le développement des forces productives). Le capitalisme n'a plus de "raison d'être".

Nous devons donc dénoncer la fausse alternative, pour le prolétariat: mauvais dirigeant, bon dirigeant, et montrer la véritable alternative: révolution sociale ou barbarie.
