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Title: Réponse à «Jalon»
Description: Réponse du FOR à la critique que la revue Jalon lui a consacrée, sur la période de transition, la révolution espagnole, la crise économique et la IVe Internationale.
Date: 01/05/1985
Category: L'Arme de la critique n° 1
URL: https://marxismo.school/hemeroteca/arme-de-la-critique/1985-05-reponse-a-jalon
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*L'Arme de la critique*, n° 1, mai 1985 (p. 13-16). [PDF du numéro complet](https://marxismo.school/assets/archivo/1958-93%20Hemeroteca%20del%20FOR/1985-90%20L%20arme%20de%20la%20critique/armedelacritique-n01.pdf)

La revue «Jalon» consacre entièrement son supplément n°3,4 à notre organisation. Une fois n'est pas coutume, un groupe se revendiquant en droite ligne des fractions de gauche de l'internationale communiste se risque de façon cohérente et fraternelle à souligner, sans déformer leurs positions, l'apport important d'un point de vue révolutionnaire et internationaliste des membres créateurs de la IVe Internationale ayant rompu avec cette dernière. Ne voulant pas jeter plus de fleurs qu'il n'en faut, nous aborderons la critique de la critique qui nous a été faite. Nous passerons donc sur tous les aspects élogieux afin d'aborder d'emblée les points polémiques de son texte.

## Quelle révolution pour l'avenir

Sur ce thème apparait la première divergence sérieuse qui comme nous le verrons n'est pas sans rapport avec la deuxième relative au mouvement ouvrier en Espagne dans les années 30. Après avoir reconnu la justesse du chapitre de «pour un second manifeste communiste» intitulé «les tâches de notre époque» vous soulignez que seule la victoire mondiale du prolétariat ouvrira la véritable période de transition du capitalisme au communisme. Géographiquement la dictature du prolétariat ne pourrait pas d'après vous résorber le chômage, réduire les heures de travail, élever le niveau de l'ensemble de la population travailleuse, et encore moins évidemment foutre les armes au rebut, licencier les armées, la police, et les parasites de toutes natures. La période de transition qui ne s'ouvrirait qu'après la prise du pouvoir par le prolétariat au niveau mondial doit appliquer le «un pour tous, tous pour un» dès le début sans quoi la société se dirigerait non vers le communisme, mais vers le capitalisme d'Etat.

A notre avis la période de transition intervient un peu tard dans votre spéculation théorique. En effet le danger d'un capitalisme d'Etat et par conséquent l'échec de la révolution existent depuis le début. Le mouvement révolutionnaire, si mouvement il y a, doit éviter ce danger comme la peste, et se garder de reproduire ce qui s'avère être une erreur de la part des bolcheviques même si leur étatisation du capital n'était qu'une mesure sujète pour être dépassée, à l'attente de l'extension de la révolution en Europe et dans le monde (le célèbre état bourgeois sans bourgeoisie de Lenine).

Sans prétendre prévoir à coup sûr et par avance toutes les mesures qui pourront être prise, nous affirmons que la dictature du prolétariat là où elle s'initiera devra s'attaquer à la base économique du capital, le salariat, sans quoi pour aussi ouvrier qu'il le prétende, l'Etat moyennant une bureaucratie thermidorienne administrera le capital grâce à une exploitation forcennée d'un prolétariat qui se sera soulevé pour rien. Et qu'on ne vienne pas nous dire que le socialisme est impossible dans un seul pays. Non seulement nous le savons, mais ce fait indéniable n'est pas en contradiction avec ce que nous défendons. En effet, un Etat ouvrier, ne peut de toutes manières se maintenir si la révolution internationale n'éclate pas, donc, le socialisme ne peut être établi dans un seul pays, et cela quelque soit la nature de la révolution (politique ou sociale). Ajoutons à cela qu'un pouvoir ne peut être vraiment ouvrier que si le prolétariat agit en tant que force indépendante contre tout ce qui représente l'exploitation de l'homme par l'homme, et donc contre le capitalisme en tant que système social. Les conditions objectives pour le communisme étant plus qu'amplement présentes à l'échelle planétaire nous ne voyons pas ce qu'un mouvement subversif pourrait faire d'autre. De plus cette vision politique de la révolution partagée par l'extrême gauche et la plupart de ce qui est appelé l'ultra-gauche est une vision bourgeoise de la prise du pouvoir. En effet la bourgeoisie qui nécessitait les rênes de l'Etat pour assoir sa domination avait déjà en grande partie entre ses mains le pouvoir économique et culturel avant sa révolution et une masse exploitable à sa disposition. Le prolétariat n'a rien de tout cela et sa révolution se distingue des précédentes en ce qu'elle ne peut avoir comme objet que l'élimination de son propre Etat, des classes elles-mêmes et de l'exploitation.

## La question espagnole

Dans la plus pure tradition gauche italienne, «Jalon», en reconnaissant cependant plus nettement le combat de la classe ouvrière en Espagne, nie le facteur révolutionnaire de ce mouvement. Comme les deux articles précédents abordent amplement la question nous essaierons de ne pas aligner les mêmes arguments mais d'insister un peu plus sur certains aspects qui y sont moins développés.

Pour comprendre ces négateurs de la révolution en Espagne trois de leurs préjugés doivent d'emblée être mis en relief : le cours historique à la guerre, leur vision politique de la révolution et l'absence du Parti de classe.

En effet, indépendemment de ce qui s'est réellement passé en Espagne ils estiment qu'après 1923 le prolétariat est mondialement vaincu et que le cours historique est à la guerre. Ce qui s'est passé en Espagne serait donc les prémisses de la seconde boucherie mondiale où deux forces capitalistes s'affrontaient et où le prolétariat sert de chair à canon. La citation dans Jalon de la revue Octobre (avril 38) abonde dans ce sens mais ne prouve absolument rien par elle-même. Puisque c'est une guerre impérialiste qui se déroule en Espagne il faut appliquer le défaitisme révolutionnaire en retournant ses armes contre sa propre bourgeoisie. Mais ni la citation, ni l'article n'expliquent en quoi ce qui se passa en Espagne fut d'entrée une guerre impérialiste. Au contraire l'article de Jalon reconnaît «la grève insurrectionnelle de masse initiale» quoi que cette dernière ait dès le départ été dévoyée pour se transformer en affrontement fratricide. Non camarades de Jalon, une insurrection ouvrière spontanée qui pulvérise dans les 4/5 du pays, armée, clergé, phalange, qui exproprie, qui collectivise, ne peut être considérée comme un front capitaliste qui s'affronterait à un autre front capitaliste, même si de nombreuses organisations dites ouvrières réussiront en fin de compte à tuer la révolution en Espagne grâce à tout le poids du pouvoir contre-révolutionnaire de Moscou. Il n'y a pas eu révolution en Espagne alors que le fer de lance de la réaction (le P«C»E) s'évertuait à proclamer mitraillette en main : «ceux qui parlent de révolution sont des agents de Franco ; les expropriateurs sont des voleurs ; les milices ouvrières des tribus de sauvage ; ici il n'y a même pas de guerre civile, mais une invasion de Hitler et de Mussolini». C'est précisément le gouvernement stalinien de Negrin qui liquidera définitivement la révolution, oeuvre largement entamée, soyons justes, par le gouvernement de Largo Caballero. Ce dernier grâce à l'appui de la CNT et du POUM initia la destruction ou la soumission des Comités-gouvernement, le désarmement des masses, l'expropriation du prolétariat par la nationalisation, la reconstitution des corps coercitifs et des tribunaux capitalistes, la reconstitution de l'ancienne armée. S'il a fallu qu'ils fassent tout cela avant de permettre la victoire de la soldatesque franquiste c'est qu'il s'était passé autre chose qu'une guerre impérialiste sur le sol national espagnol, nom de Dieu ! La deuxième guerre mondiale qui se préparait effectivement, n'eut lieu qu'après écrasement d'une révolution naissante qui aurait pu enflammer le prolétariat européen et mondial en cas de victoire complète et par là même éviter la guerre.

Mais, et nous en venons au deuxième préjugé, comme il n'y a pas une prise du pouvoir centralisé par le prolétariat, il n'y a pas eu révolution en Espagne. S'il est vrai qu'il n'y a pas eu centralisation du pouvoir, il y a tout de même eu pouvoir ouvrier. Avant que le mouvement prolétarien en Espagne reçoive le coup décisif après les journées de mai 37 à Barcelone tout passait par les milices et les comités-gouvernement. L'ancienne autorité (Generalitat) non détruite formellement par une stupidité anarchisante l'était virtuellement. Cette non concrétisation de la victoire ouvrière permettra en effet la reconstitution de l'Etat capitaliste et l'anéantissement complet de la révolution. Cela nous ne l'avons jamais nié. Mais pour qu'il se reconstruise encore faut-il qu'il ait été anéanti. La défaite du prolétariat en Espagne affirme définitivement la nécessité impérieuse de la dictature du prolétariat sans demi teinte. Mais cela ne peut aucunement mettre au second plan ou faire disparaître les réalisations sociales prolétariennes infirmant ou dépassant ce qui avait été réalisé pendant la révolution en Russie (cf les deux articles précédents).

Nous en arrivons maintenant au dernier préjugé. En Espagne il n'y avait pas le Parti de classe et le programme de la révolution. Mais il y avait une classe qui s'attaquait à la base même de son exploitation après avoir fait échouer par son insurrection (non organisée par le front populaire disposé à capituler) le pronunciamiento de Mola/Franco. Quand la classe montre dans les faits ce dont elle est capable les tenants du parti deus ex machina sans doute trop habitués malgré leurs dires à une classe objet, soit ne reconnaissent pas la classe en tant que sujet de l'histoire, soit s'inventent des justifications pour minimiser ce qui est extrêmement prometteur pour l'avenir. On ne peut oublier que malgré la défaite le prolétariat en Espagne dépasse (36) puis s'affronte (37) à toutes les organisations qui prétendent le représenter. Jalon reconnait cependant la lutte héroïque des travailleurs de Barcelone qui ont su tracer une frontière de classe contre la CNT/FAI, le POUM et le P«C». Reconnaitre cela c'est reconnaitre la profondeur sociale du mouvement ouvrier en Espagne qui parce qu'il accomplissait une révolution trouvait en face de lui ceux qui précisément voulait l'éviter. Lorsque les ouvriers allaient combattre sur le front ils le faisaient avec enthousiasme et au nom du socialisme, c'est pourquoi avant la militarisation capitaliste des milices, le stalinisme lança sa campagne «d'abord la guerre après la révolution». Et nous ne parlons pas de la confusion introduite par Durruti lorsqu'il proclama «nous renonçons à tout sauf à la victoire». Que la révolution ait échoué ce n'est pas une raison pour la nier. Que le mouvement initialement révolutionnaire ait été dévié après écrasement vers une lutte anti-fasciste n'enlève rien à son importance réelle. Car que l'on sache aucune révolution prolétarienne n'a encore vaincu, sans quoi elle se serait étendue et nous n'en serions pas où nous en sommes. Ce n'est pas parce que Marx était convaincu de la défaite de la commune qu'il nia son caractère révolutionnaire. Qui plus est, bien que sceptique il l'appuya de toute sa force depuis Londres où il résidait.

## La crise économique, la conscience révolutionnaire

Vous dites «... se refuser à vouloir étayer la vision de la décadence sur la crise relève du pathos et non d'une analyse marxiste des situations». Afin de ne pas allonger inutilement cet article (cf progressivité, décadence, conditions objectives dans ce même numéro) nous faisons une simple remarque. Pour Jalon comme pour RI dont il provient (pourquoi ne sont-ils pas ensemble, mystère !) le système capitaliste est décadent depuis 1914. La décadence étant irrémédiablement liée à la crise économique de surproduction comment expliquent-ils la gigantesque croissance des forces productives par exemple après la seconde guerre mondiale ? Le capitalisme devenait-il à nouveau progressif ? Les congés payés, la sécurité sociale etc... ne sont-ce point des réformes octroyées par un capitalisme qui en avait les possibilités matérielles ? Le système capitaliste est en décadence parcequ'il ne pourrait plus rien concéder vue l'état lamentable de son économie. Voilà une conception bien bornée et statique de la décadence. Si le capitalisme cède face à un mouvement d'ampleur c'est qu'il en a la possibilité, mais ce afin d'éviter la révolution qui l'exproprierait. C'est ce que fit le pouvoir réactionnaire front populiste en 36 en France. Et c'est ce que le capitalisme sera capable de faire demain si besoin est. Sans être pharisiens nous vous renvoyons le syllogisme, merci et sans façon !

Cette fameuse crise économique saluée frénétiquement du temps où Jalon était encore à RI est miraculeuse. Elle peut produire la guerre, elle peut produire la révolution. Elle peut plus encore. Elle fait retrouver la mémoire à des générations qui n'étaient pas encore nées au moment des événements dont elles sont supposées se souvenir. Car enfin Jalon, vous n'irez pas jusqu'à dire que les minorités révolutionnaires sont suffisemment puissantes pour peser sur la conscience ouvrière aujourd'hui. Or pour le «marxisme» seules des minorités se réapproprient l'histoire du mouvement ouvrier. En tant que défenseurs assidus du Parti de classe vous devriez le savoir. Malheureusement ce parti de classe se cache si bien derrière la crise économique que nul ne peut le voir. Nous persistons donc à croire, ne vous en offusquez pas, que le prolétariat est encore excessivement ignorant de son propre passé de classe révolutionnaire. Les partis et syndicats que vous connaissez aussi bien que nous se chargent encore avec succès qu'il en soit ainsi. Mais nous n'avons jamais stipulé qu'il en sera toujours ainsi. Le prolétariat n'est pas mort et son potentiel révolutionnaire s'affirmera à mesure que les piliers de la contre-révolution s'effriteront. Nous contribuerons passionnément à qu'ils se désagrègent. En grande partie la lutte inter-impérialiste que se livrent les deux grands aide malgré eux à démasquer le mensonge «socialiste» des pays de l'Est. C'est un fait d'une grande importance d'autant plus qu'il s'ajoute à la lutte menée par le prolétariat en Pologne dernièrement malgré les limitations évidentes de celle-ci.

Guerre ou révolution est une constatation que nous avons toujours faite sans jamais laisser entendre qu'il y aurait une troisième voie, celle du triomphe d'un capitalisme d'Etat débarrassé des contradictions inhérentes au système, la crise économique comprise. Dire qu'il y aura une guerre mondiale faute de révolution ne précise pas le moment exacte où elle se produira. En attendant le capitalisme survit et est contraint de se concentrer et de se centraliser. C'est tout ce que nous disons.

Reprendre la phrase de Trotsky : «la crise de l'humanité se résume à la crise de direction révolutionnaire du prolétariat» n'est pas une vision volontariste du Parti. Le parti, et la révolution d'ailleurs, sont effectivement le résultat de l'activité historique de la classe qui les sécrètent tous deux. Mais qu'on le veuille ou non, certaines organisations influent à certains moments plus que d'autres sur l'ensemble d'une classe. Ce que cette ou ces organisations impulseront est d'une extrême importance. La preuve historique de cela est évidente. Lorsque d'aucuns parlent de la révolution russe (toutes tendances confondues, adorateurs comme détracteurs) ce que Trotsky, Lenine ont fait est mis au premier plan au point que l'on peut se demander où est la classe qui les a poussés au pouvoir dans toutes ces démonstrations. Les erreurs de Trotsky ont permis, jusqu'à un certain point seulement la dégénérescence de la IVe internationale. Et ainsi succésivement. D'autre part, les expériences servent à quelque chose, lorsque nous parlons de direction révolutionnaire nous ne pensons pas à un appareil dont la fonction de droit divin serait celle de diriger une classe objet incapable de penser par elle-même. La confiance du prolétariat ne se décrête pas, elle se gagne. De plus le manque de perspectives claires (direction) a permis la consolidation du stalinisme, la victoire du capitalisme et par conséquent l'écrasement du prolétariat alors que les conditions objectives étaient et sont suffisemment mûres pour ouvrir la voie à la société communiste.

## La IVe internationale, la gauche communiste internationaliste

Trotsky n'a jamais défendu même critiquement le Front Populaire, ni en Espagne, ni ailleurs. Sa correspondance l'atteste à elle seule, et lorsque Andrade (signataire Poumiste du front populaire) envoya un de ses bouquins dédicacé à son maître (disait-il) Trotsky, ce dernier lui répondit qu'il n'avait jamais enseigné la trahison politique à personne.

Après avoir affirmé le 22 avril 36 que la révolution socialiste se fera au cours d'une lutte implacable contre «la révolution démocratique», Trotsky 16 mois plus tard aurait dit selon vous : «dans la guerre civile espagnole la question est démocratie ou fascisme». Quelle est votre source ? Pour notre part nous publions ici quelques extraits «Leçon d'Espagne» écrit en décembre 37 (in L. Trotsky, écrits 1928-1940, Tome III page 546, ed IV internationale avril 59)

> «Les conditions de la victoire»
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> 1) Les combattants de l'armée révolutionnaire doivent avoir pleine conscience qu'ils se battent pour leur complète émancipation sociale et non pour le rétablissement de l'ancienne forme (démocratique) d'exploitation.
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> 2) La même chose doit être comprise par les ouvriers et paysans aussi bien à l'arrière de l'armée révolutionnaire qu'à l'arrière de l'armée ennemie.
>
> 3) La propagande sur son propre front, sur le front de l'adversaire et à l'arrière des deux armées, doit être complètement imprégnée de l'esprit de la révolution sociale, les mots d'ordre «d'abord la victoire ensuite les réformes», c'est la formule des oppresseurs et exploiteurs à commencer par les rois bibliques et à finir par Staline.
>
> 6) De l'armée révolutionnaire doivent être impitoyablement chassés les ennemis de la révolution socialiste, c'est-à-dire les éléments exploiteurs et leurs agents, même s'ils se couvrent du masque de «démocrate», de «socialiste» ou «d'anarchiste».
>
> (FIN DE CITATION)

Seul l'entrisme dans les partis socio-démocrates (que l'on pourrait d'ailleurs examiner cas par cas) est exacte, mais encore vous aurait-il fallu *expliquer* même en le combattant ce tacticisme de Trotsky. La seule chose que nous affirmons c'est qu'en tant que force internationale la IVe si elle n'avait pas lamentablement capitulé devant la guerre mondiale (chose que Trotsky n'a jamais préconisé malgré ses *énormes* erreurs politiques (cf programme de transition) aurait pu rectifier ses positions erronées et s'imposer comme force révolutionnaire internationale. Cependant nous ne sommes pas des défenseurs inconditionnels de Trotsky, au contraire. Les initiateurs de notre tendance ont très tôt remis en cause le programme de transition de la IV, et pendant le mouvement en Espagne la conception de révolution permanente que Trotsky voulait lui plaquer. Nous ne défendons pas plus aujourd'hui l'attitude de la III internationale par rapport à la gauche germano-hollandaise que l'attitude de Trotsky par rapport à la gauche communiste internationale.

En effet, malgré de graves erreurs (front unique syndical, se considérer pendant trop longtemps comme fraction du P«C» italien, considérer les P«C» comme des partis opportunistes etc...) la fraction italienne développa il est vrai des positions claires et tranchées notamment sur la guerre, le défaitisme et les fronts anti-fascistes.

Nous n'avons pu développer à fond tous les thèmes que «Jalon» a abordé. Cependant nombre d'entre eux, outre les nombreux textes déjà existants, seront avancés à nouveau dans nos publications futures.

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