Alarme, n° 5, juillet-août-septembre 1979 (p. 12). PDF du numéro complet

"Arrivées à un certain niveau de développement, les forces productives matérielles de la société entrent en collision avec les relations de production ou avec les relations de propriété au sein desquelles elles se mouvaient jusqu'alors et qui ne sont que leur expression juridique. Ces conditions, jusqu'alors formes de développement des forces productives, deviennent de graves entraves. Alors commence une ère de révolution sociale."

Cette citation de Marx ne se réfère aucunement à la crise de surproduction; la mettre en jeu pour un tel propos, c'est introduire la confusion. Même une citation plus précise ne démontrerait, c'est évident, que le monde soit en train de s'engloutir, aujourd'hui, dans une crise de surproduction. Marx se réfère ici à tout un type de civilisation qui entre en crise pour lui irréversible et insoluble. Complètement différentes sont les crises de surproduction, dérèglement passager du système, et que lui-même a résolu de nombreuses fois sans perdre sa viabilité sociale. Par contre, la crise du système dont l'origine est la collision entre les forces productives et les relations de production, une fois commencée s'aggrave de manière constante, et sa seule solution consiste en un bouleversement révolutionnaire qui mette en harmonie forces productives et relations de production.

La conscience révolutionnaire ne peut-être engendrée que par une activité du prolétariat qui oppose des solutions socialistes à chaque aspect du capitalisme en fonctionnement économique normal, le traitant comme système d'association humain caduque, réactionnaire et pernicieux. La banqueroute du système de civilisation basée sur le capital/salariat offre des motifs et des problèmes concrets suffisants pour susciter la rébellion contre lui. Bien empêtrés sont les révolutionnaires qui ne le voient pas.