Alarme, n° 19, janvier-février-mars 1983 (p. 10). PDF du numéro complet

M. Barre : "le danger tient moins à la force des syndicats qu'à leur faiblesse."

L'ex-premier économiste de FRANCE, libéral à toute épreuve, démocrate depuis toujours, fort de la respectabilité de son pays dans le monde, vient d'exprimer ce que tout bon gestionnaire du capitalisme à l'Ouest sait depuis longtemps.

Que signifie cette phrase et dans quel contexte est-elle émise ?

Premier point :

La France est ce que l'on appelle dans tous les livres scolaires une démocratie parlementaire dont les élus sont l'émanation de la volonté populaire, du responsable local jusqu'au président de la république.

Deuxième point :

Comme partout ailleurs, son économie repose sur l'exploitation de la force de travail du pauvre quidam qui n'a que ça à vendre pour survivre.

Troisième point :

Malgré l'apparente légitimité du pouvoir - qu'il soit de droite ou de gauche d'ailleurs - choisi démocratiquement par l'esprit civique de la population, le quidam cité au point 2 est amené, en dépit de tout, à protester car tout ne va pas si bien dans le meilleur des mondes.

Quatrième point :

De même que des lieux où il peut déféquer sont mis à sa disposition, notre Homo sapiens sait qu'il en existe d'autres où il peut sagement poser civiquement ses problèmes.

Cinquième point :

Etat, Syndicats, Patronnat, bien que très rarement d'accord, sont des partenaires sociaux. Le premier doit tenir compte de l'intérêt national ; quant aux deux autres, ils sont censés exprimer le mécontentement des catégories sociales qu'ils sont seuls à représenter, toujours dans ce même intérêt national.

Sixième point :

Seul le respect de tous les points précédemment cités permet au mécanisme de fonctionner.

Observation :

Si notre bon quidam ne va pas là où il doit aller, c'est comme s'il ne va pas aux toilettes pour chier. IL FOUT LA MERDE !

CONCLUSION :

Barre a raison. Un système qui traite le bon quidam (qui le fait vivre) en nauséabonde créature à qui l'on doit octroyer plusieurs déodorants ( "Odeur d'élection", "fraîcheur syndicale",...), risque un jour que le bon quidam n'utilise plus ces déodorants et qu'il s'aperçoive que la puanteur émerge du système lui-même, et que finalement il tire la chasse pour évacuer la merde.