Alarme, n° 20, avril-juin 1983 (p. 14). PDF du numéro complet
Emeutes, manifestations de la faim et mises à sac pour une redistribution dans les bidons-villes. Pourquoi ? Les usines ferment et licencient 400 000 ouvriers qui n'ont plus qu'une alternative possible : soit crever de faim, soit se révolter contre ce système implacable qui ne connait, lui, que la loi du profit ( il nous vole notre vie, nous presse comme des citrons pour finalement nous jeter desséchés, sans espoir ni ressources).
Dans 5 ans, au Brésil, la dictature militaire doit céder la place à la démocratie. Mais qu'y a t-il à espérer d'un tel changement ? Rien, car la dictature et la démocratie sont les deux faces d'une même médaille : le capitalisme.
En effet, la démocratie n'est pas une solution prolétarienne face à la junte sanglante, car elle représente elle aussi un moyen de mater et parfois tout aussi brutalement, la classe ouvrière. La seule différence, c'est qu'elle possède des armes supplémentaires lui permettant de contrôler plus étroitement le prolétariat ( syndicalisme légal ) pour le dévoyer de sa lutte. Les élections libres et le soi-disant droit d'expression vont aussi dans ce sens car elle transforment les prolétaires en citoyens responsables de l'Etat capitaliste.
Le prolétariat brésilien n'a pas à attendre sagement le changement de façade. Les braves démocrates peuvent hurler et agiter le spectre de la provocation, l'exploitation et la mort démocratique ne méritent aucun espoir ni aucun voeux.
Aussi les ouvriers et les chomeurs brésiliens, méprisant les sirènes de la racaille démocratique, s'affrontent, avec raison, à l'Etat ( militaires et syndicats étaient d'ailleurs réunis, pour l'occasion, contre le prolétariat).
Les ouvriers révolutionnaires sont tous des provocateurs car ils n'acceptent pas l'alternative démocratie/fascisme et même ils lui opposent la dicature internationale du prolétariat pour la suppression radicale des classes. Ils réaffirment sans cesse la solidarité prolétarienne internationale de classe qui n'a rien à voir avec la pitié démocratique, mais signifie au contraire l'attaque de chaque capital national ! La misère n'engendre que la misère si la volonté d'en finir avec la barbarie ne nous motive pas.
Au Brésil comme partout dans le monde, à l'Est comme à l'Ouest
- A bas l'économie capitaliste
- vive la gestion ouvrière de la production et de la distribution socialiste des produits
- A bas l'exploitation capitaliste
- Vive l'abolition du travail salarié.