Alarme, n° 25, juillet-août-septembre 1984 (p. 13). PDF du numéro complet

« Nous sommes un petit groupe de communistes italiens en exil en France dont les erreurs du passé pèsent malheureusement d'un poids très lourd sur le présent.

Il y a cinq ans nous avons quitté un groupe de terroristes petit-bourgeois de type anarchiste pour évoluer vers les positions historiques défendues par la Gauche communiste d'Italie. Le terrorisme est l'expression désespérée des classes moyennes laminées par la pression de la crise à une époque où le prolétariat n'est pas encore prêt à constituer de façon formelle son parti et par conséquent encore incapable de donner à ces éléments une perspective de lutte communiste. Notre rupture ne pouvait donc se faire de la même façon qu'avec un groupe légal. Elle a été compliquée par deux facteurs : d'abord et avant tout par le fait que pèsent sur nous les poursuites en instance des cours de justice, et deuxièmement, avec les "combattants résiduels" qui ont décrété qu'une rupture n'est pas autre chose qu'une trahison et de la collaboration.

Sur la base de mensonges notoires, nous avons pendant des années été l'objet de dénigrements, menaces et agressions physiques, qui ont culminé par une attaque dans la manifestation du premier mai à Paris, attaque qui ne s'est pas transformée en tragédie que de justesse.

Nous faisons un appel aux organisations révolutionnaires, parce qu'elles doivent être sur leurs gardes contre de telles pratiques de police stalinienne et parce que notre témoignage peut avoir comme valeur d'accroître la conscience contre le réformisme nationaliste armé qui se donne le masque du communisme. L'histoire a déjà montré que durant la montée de la lutte de classe, ces forces vont s'aligner ouvertement du côté de la contre-révolution, comme des ennemis du parti indépendant de la classe ouvrière.

Signé : A.E., F.I., P.M. Paris, juin 1984 »

Nous publions ci-dessus un communiqué que nous avons reçu d'un petit groupe d'éléments ayant appartenu à une organisation terroriste en Italie et qui se trouvent actuellement sur les positions de la gauche communiste.

Nous tenons à saluer leur détermination de rompre avec ce qu'ils appellent le "terrorisme petit bourgeois de type anarchiste", terrorisme qui n'est fondamentalement ni petit bourgeois, ni anarchiste, si c'est aux brigades rouges ou à Prima linea qu'ils se réfèrent. En effet ces derniers, indépendamment de la composition sociologique de leurs membres, sont un appendice du terrorisme du capital, et du capitalisme d'Etat en particulier. Objectivement et subjectivement ces groupes s'alignent déjà du côté de la contre-révolution.

La rupture de ces camarades n'est donc ni une capitulation devant l'Etat capitaliste, ni une collaboration avec celui-ci comme c'est le cas des "repentis", mais bien plutôt un pas en avant pour se situer face à ceux qui d'une manière ou d'une autre le défendent.