Alarme, n° 40-42, avril-décembre 1988 (p. 8-9). PDF du numéro complet

Cette organisation n'a jamais su polémiquer sans déformer les positions de son adversaire et le noyer dans un verbiage assomant. Toute discussion vraie est impossible avec elle. Plus ses positions principales s'avèrent en faillite, alors que les évènements rehaussent les nôtres, plus elle s'efforce de créer parmi ses lecteurs un préjugé et un écran de fumée afin de nous présenter comme des idiots : nous serions un groupe extravagant, loufoque, surréaliste. Voici donc, confié à la faconde du CCI, un autre loufoque, surréaliste, etc. de notre compagnie.

F.O.R

«Une chose est certaine : si l'on réduit la salaire à son fondement général, c'est-à dire à la partie du produit de son propre travail qui entre dans la consommation individuelle de l'ouvrier ; si l'on débarasse cette part de ses limites capitalistes en lui donnant l'extension que permettent les forces productives existantes de la société (c'est-à dire la productivité sociale du propre travail de l'ouvrier en tant que travail réellement social) et que requiert, d'une part, le plein épanouissement de la personnalité ; si, en outre, on réduit le surtravail et le surproduit au volume nécessaire, dans les conditions données de la production sociale, d'une part pour la constitution d'un fond d'assurance et de réserve, d'autre part à l'extension continuelle de la reproduction dans la mesure déterminée par les besoins sociaux ; enfin, si l'on comprend dans le travail nécessaire, venant au premier rang, et dans le surtravail venant au second rang, la quantité de travail que les membres de la société capables de travailler doivent toujours accomplir pour ceux qui ne peuvent pas encore ou ne peuvent plus travailler ; en bref, si l'on débarrasse le salaire aussi bien que la plus-value, le travail nécessaire aussi bien que le surtravail, de leur caractère spécifiquement capitaliste, il est certain que ces formes disparaissent, et seul restent les fondements qui sont communs à tous les modes de production».

Marx. Oeuvres T.II p.1474 ed. La Pléiade.

  • moins de travail plus de paie
  • mise à la production de ceux qui effectuent un travail superflu
  • reconversion des industries de guerre
  • toute augmentation de la production à ceux qui l'effectuent
  • suppression du travail salarié

«L'idée que seuls les rapports de distribution ont un caractère historique se rencontre d'abord chez les premiers critiques, encore hésitants, de l'économie bourgeoise. Mais elle repose, en outre, sur la confusion du processus social de production avec le processus de travail pur et simple, tel que devrait l'accomplir, sans le moindre concours social, un homme placé dans un isolement anormal. Dans la mesure où le processus de travail ne s'accomplit qu'entre l'homme et la nature, ses éléments simples restent communs à toutes les formes sociales de son évolution. Mais chaque forme historique de ce processus continue à en développer les fondements matériels et les modalités sociales. Parvenu à un certain degré de maturité, le mode historique spécifique est rejeté pour faire place à un mode supérieur. La crise éclate au moment où la contradiction et l'antagonisme entre, d'une part, les rapports de distribution - donc la forme historique spécifique de leurs rapports de production - et, d'autre part, les forces productives et les facultés créatrices de leurs agents gagnent en ampleur et en profondeur. Alors surgit un conflit entre le développement matériel de la production et sa forme sociale.»

(idem. pages 1482-1483)

  • impossibilité de développement capitaliste et conditions objectives données.
  • non pas crise de surproduction mais, de décadence, ce qui appelle à la révolution.

Le tout est partie intégrante de notre Pour Un Second Manifeste Communiste, considéré par le CCI, non sans turpitude, comme assimilable à un programme de transition, écran de fumée oblige ! Mais lisons encore quelques lignes de notre loufoque compagnon :

«(...) si le capital pose en idée toute limitation comme un obstacle à surmonter, il n'en résulte pas qu'en réalité il les surmonte tous. Toute barrière étant contraire à sa vocation, la production capitaliste se développe dans des contradictions qui sont constamment surmontées, mais aussi continuellement posées. Plus : l'universalité vers quoi tend sans cesse le capital rencontre des limites immanentes à sa nature, lesquelles, à un certain stade de développement, le font apparaître comme le plus grand obstacle à cette tendance et le poussent à son auto-destruction.»

(idem. page 260)

  • ainsi donc, les tenants de la révolution politique se trouvent en vérité à droite du programme de transition de la IV° internationale.