Alarme, n° 43, janvier-février-mars 1989 (p. 11-12). PDF du numéro complet
Dans le N°39 d'Alarme, nous avons fait état d'une rupture dans notre groupe. Ceux qui en ont pris la décision nous ont enfin fait parvenir un texte où ils prétendent l'expliquer et la justifier. Ils le donnent comme information aux groupes de partout. Nous nous contenterons de quelques points de contre-information, c'est-à dire d'information véritable parce que vérifiable. Nous choisissons les plus gros seulement, parmi un bon nombre d'autres de la même veine :
Les deux expulsés qui sont, ou semblent être à l'origine du petit conflit qui a débouché sur la rupture en question, n'ont pas encourru cette sanction à cause de leur conduite envers le groupe argentin E.O, ni même à cause de leurs mensonges à l'égard du FOR. Non, la raison, c'est qu'ils intrigaient et paralysaient l'activité du groupe, tout en en empoisonnant l'atmosphère. La demande d'expulsion est absolument claire là-dessus. Mais il faut préciser ce que nous n'avons remarqué qu'après : la paralysie provenait, plus que d'eux, d'autres camarades qui se sont érigés en protecteurs de premiers, dont un, hélas! militant très éprouvé, et l'autre, jeune encore, mais de valeur. Sans ambages, il brandissaient la paralysie comme argument en leur faveur. En vérité, ce sont ces deux camarades, on l'a vu par la suite, qui portent toute la responsabilité de la rupture. Rupture que, par-dessus le marché, ils déclarent ne pas être politique.
Ils la prétendent due à une violation, de notre part, des principes organiques du FOR, parce que :
a) La majorité d'entre nous aurait répondu par "un torchon" de texte à une lettre du camarade le plus âgé des deux protecteurs, où il proposait de transformer en son contraire un vote décidant l'expulsion, qui avait eu lieu après des mois de palabres irritantes, plus d'autres faits et manipulations anti-expulsions. Voici donc, intégralement, ce que d'excellents révolutionnaires présentent à d'autres comme un texte torchon:
"Pour le cas de J et C, nous avons tranché en faveur de leur expulsion et il n'est pas question pour nous de revenir en arrière. Toute discussion de rapportant à J. et C. est donc non-avenue. Nous considérons que tout sujet se rapportant au cas ci-dessus nommé sera une tentative visant à détruire ou à paralyser notre organisation en nous montant les uns contre les autres. Salutations Communistes".
Suivent les signatures et la date (28/11/87)
b) Parce que dans un projet de Munis sur une future organisation on lit (point 7): "S'agissant d'individus, la direction aura la faculté de suspendre leur activité extérieure comme membres du parti, jusqu'à décision définitive par les assemblées, mais sans les priver entre temps du droit de voix et de vote." Or il n'y a pas au FOR, jusqu'à présent, de direction, par un accord général que les camarades coupables de la rupture ont approuvé comme tout le monde. On fonctionne en démocratie directe, sans aucun heurt, hormis l'actuel. Deuxièmement, les expulsés s'étaient retirés volontairement de l'organisation, tout en l'insultant ; troisièmement, l'organisation a voté non une, mais deux fois, et ce vote a une validité indéniable et incontestable pour quiconque, y compris pour les deux camarades "fondateurs". Eux-mêmes, ils ont voté d'autres expulsions, sans qu'ils se soient avisés de réclamer une assemblée générale. Par contre, et quatrièmement, le plus responsable de ces deux "fondateurs" (c'est leur expression) a voulu, de sa propre autorité, réintégrer ceux qui s'étaient retirés, sans même une demande au groupe de leur part, tandis que les protecteurs, eux, tachaient dans leur coin, d'embobiner des camarades. Cinquièmement, ils n'ont même pas demandé une réunion au groupe de Paris pour y plaider leur cause.
En un mot, ils se sont comportés comme si le For était leur propriété privée. Et après celà, ils se permettent de parler d'expulsion "manu militari".
Pourquoi deux poids, deux mesures, pourquoi tant de hargne ? L'avenir nous le dira sans doute.
F.O.R (France) Décembre 1988.