Alarme, n° 1, mai-juin-juillet 1978 (p. 15). PDF du numéro complet
Nous, nous disons franchement que la question n'est pas là et que cette consigne fait partie de l'arsenal de séduction de la "gauche" et "extrême gauche" dont le propos a pour but de rétablir le bon fonctionnement expansif du système dans lequel nous vivons.
Le capitalisme, qu'il soit privé ou étatique, retient le prolétariat sous une exploitation croissante et en même temps sous sa dictature politique. La lutte ouvrière doit se dresser pour en finir avec ces deux maux. N'importe quel projet anti-crise ou même anti-récession (comme c'est le cas aujourd'hui) est réactionnaire. Les travailleurs doivent combattre le chômage et la compression des salaires résultant d'une diminution de la croissance industrielle -et dans des proportions bien supérieures lors des crises dites de surproduction- en s'attaquant directement à la structure fonctionnelle de l'exploitation et non par des revendications qui la renforcent.
En travaillant, l'ouvrier produit des marchandises dont la valeur est supérieure à son salaire. Cette valeur excédente ou plus-value, c'est l'exploitation. Quand ce même ouvrier devient chômeur, il cesse d'être exploité mais il tombe dans la misère. Cette dure réalité du système actuel, constante quel que soit son régime politique, suggère spontanément le remède: empêcher le chômage et l'exploitation. La valeur supérieure à la paie de chaque ouvrier et à celle de la classe dans son ensemble, valeur gigantesque que le capital empoche, dépense ou utilise à son gré, doit passer à la libre disposition du prolétariat. La production pourrait alors être réalisée directement en fonction de la consommation sans passer par l'échange, et les heures de travail diminueraient tandis que les biens dont chacun dispose augmenteraient. Au même moment et à cette fin seraient incorporés au travail utile les millions de personnes qui perçoivent un salaire en remplissant des fonctions parasitaires, les unes négatives, les autres criminelles de même que celles qui aujourd'hui sont au chômage. Ainsi donc, la règle générale de notre lutte doit être:
moins de travail
plus de possibilités de consommation
Par là, nous arriverons non à ce que les riches paient pour remettre leur économie en ordre et ainsi être encore plus riches, mais à l'appropriation de toute la richesse par la classe ouvrière et finalement par la société.
Le mensonge démagogique "faire payer les riches" saute aux yeux. Par des impôts fiscaux, par la sécurité sociale, ou par quoi que ce soit, ceux qui parlent ce langage mettent à la charge des frais de production ce que "paient les riches", et ceux qui en fin de compte paient, ce sont les exploités.
Article traduit de l'espagnol, extrait d'ALARMA n°2, organe du FOR Groupe Espagnol.