Alarme, n° 7, janvier-février-mars 1980 (p. 4). PDF du numéro complet

A grand renfort de crétinisme "humaniste" la presse capitaliste parle, "scandalisée", des enfants prolétaires dans le monde et plus particulièrement dans le "Tiers-monde". Mais leur dénonciation pleurnicharde n'attaque pas, car ne veut pas attaquer, la cause fondamentale du phénomène montré tout spécialement à la fin de la sainte année de l'enfance. Il y a eu l'année de la femme, l'année de l'enfant, à quand l'année de la marchandise?

Oui des enfants travaillent dans le monde. Oui des enfants crèvent dans le monde. Oui des enfants prostituent leur sexe dans le monde. Oui le monde se morfond dans une pourriture qu'il n'ose regarder en face. Et toute la racaille capitaliste de se scandaliser de ce qui se passe ailleurs. Et allons-y pour l'aide aux enfants cambodgiens, vietnamiens etc... La misère est autre part, n'est-ce pas? Après tout, la France, l'Europe, les pays avancés, "c'est le moindre des maux", peut s'en faut que ce ne soit le paradis. Et tous ces grands historiens, qui feraient mieux de disparaitre, de comparer les pays du "tiers-monde" au capitalisme du XIXème siècle en développement. Capitalisme naissant où effectivement les femmes, les enfants travaillaient pour quelques miettes et sur le dos desquels, entre autres, fut construite la belle société démocratique, libérale, où l'on voudrait nous faire croire que, malgré les difficultés, tout va relativement bien dans le meilleur des mondes, et que ça pourrait aller mieux si les "forces populaires" se chargeaient de prendre la relève.

Comparer le Tiers-monde au capitalisme naissant est une supercherie, une mystification de plus servant à suggérer plusieurs choses totalement fausses: faire croire que la croissance économique de ces pays peut réduire et faire disparaître l'exploitation forcenée et la misère des enfants dans le monde. Cela permet en réalité de stimuler la soumission de ceux qui n'ont point vécu cette situation dans les pays qui... "sont déjà passés par là". Faire croire que le problème est purement national et que chaque nation pouvant s'auto-déterminer (ben voyons!) elles pourront palier elles-mêmes à leurs problèmes, certains reconnaissant tout de même que les grandes puissances entravent quelque peu ce "bon processus naturel". Tout cela n'est que mensonge, mensonge criminel qui sous couvert d'humanisme, profite de la misère tant physique, psychique que morale du monde actuel en pleine décomposition.

En effet, la terre entière est actuellement dominée par le capitalisme. Le mécanime même de ce système est de piller tout ce qui se trouve autour de lui, les gros bouffent les petits et ce dans le cadre national aussi bien qu'international et à tous les échelons. Deux grandes puissances impérialistes se partagent le monde, la Russie et les USA. C'est pour cela même que toute souveraineté nationale n'est qu'un leurre, que toute solution nationale n'est que tromperie. La faim, le travail des enfants, la misère sociale, la bombe atomique etc... ne sont point des calamités naturelles, c'est le capitalisme mondial. Voilà ce qu'omettent de dire tous ces humaniste-assassins. De plus ce système sauvage a créé plus que les conditions nécessaires pour que l'homme s'émancipe de son joug et de sa bestialité. Au moment où le monde dispose de moyens plus que suffisants pour couvrir toutes les nécessités vitales de l'humanité, on crève de faim, de misère, de fatigue, d'insatisfaction. Et il en sera ainsi tant que le prolétariat n'aura pas anéanti le système qui l'exploite sur toute la planète. Ce ne sont pas les beaux discours de toute la bande d'assassins de l'ONU qui changeront quoi que ce soit. Ce n'est pas l'esprit religieux dispensé de-ci de-là appelant à l'aide des déshérités du monde entier qui changera quelque chose. Ce ne peut être que l'action décidée d'une classe sociale exploitée partout dans le monde qui a la possibilité d'en finir avec toute la barbarie actuelle en faisant mordre la poussière à tous ceux qui par n'importe quel discours défendent le système basé sur le travail salarié. Seul l'union des révolutionnaires et de la classe dans son ensemble peut et doit remplacer le règne de la nécessité par la communauté humaine. En dehors de cela, toute "solution" est réactionnaire.

Ceux qui pensent que ce ne sont que de belles paroles utopiques, n'ont qu'à se vautrer dans leur misère et leur scepticisme.