Alarme, n° 18, octobre-novembre-décembre 1982 (p. 17-18). PDF du numéro complet

Après les rencontres entre la bureaucratie chinoise et des délégations des P."C" russes et français, la presse a défini l'évènement comme des retrouvailles fraternelles entre partis communistes. M. Marchais a parlé, quant à lui, de nouvel internationalisme.

Il revient aux révolutionnaires de bien mettre les choses au point. Communiste ? Au contraire, tous ces partis n'ont de communiste que le nom, en Chine comme en Russie la dictature qu'exercent les capitalistes sur le prolétariat est sanglante. Tous ces partis sont passés maîtres dans l'art et la manière de détruire une révolution. Le parti russe a déjà à son actif la destruction de la révolution espagnole, de la révolution chinoise (1927) et les staliniens sont devenus les meilleurs garants de l'ordre capitaliste, meilleurs encore que ce qui est appelé aujourd'hui bourgeoisie par certains.

Retrouvailles ? Certainement pas, car en réalité ils ne se sont jamais quittés. En effet, malgré le fait que la Chine ait basculé dans le camp américain (suite aux querelles d'intérêts entre les bureaucraties chinoise et russe, la première jugeant la seconde trop gourmande) les divergences entre capitalistes russes et chinois, de même que les divergences entre capitalistes russes et américains, ne sont pas fondamentales. Ils sont tous d'accord pour profiter des richesses que nous produisons; ils se disputent seulement pour partager le gateau. Ils se retrouvent réunis complètement face au prolétariat en mouvement car alors, l'heure, avant d'être au partage du gateau, est à l'écrasement du mouvement révolutionnaire.

Frères ? Oui certainement. Frères, ils le sont dans l'exploitation et dans la dictature qu'ils exercent sur nous, prolétaires. Frères, ils le sont par le sang prolétarien qu'ils ont fait couler, et qu'ils font encore couler. Frères, ils le sont par les intérêts fondamentaux qu'ils ont en commun.

Nouvel internationalisme ? Cette expression, empruntée au langage révolutionnaire, a été complétement vidée de sens par les staliniens. Elle signifiait et signifie toujours que les prolétaires n'ont pas de patrie et qu'ils ont les mêmes intérêts fondamentaux internationalement de Moscou à Paris, de Pékin à Washington : en finir avec l'exploitation que nous subissons internationalement. Dans leur bouche, cette expression a un tout autre sens qui est celui d'alliances ou de compromis internationaux entre diverses tendances provenant du stalinisme, et cela aux dépens du prolétariat.

Ceci étant dit, et c'est le principal, on pourrait s'interroger sur les raisons qui ont poussé à ces dernières réunions; elles sont diverses : la situation internationale dans laquelle se trouve le capitalisme chinois, la situation en Pologne (le prolétariat n'y a t'il pas mis à mal une résidence dépendant de la Chine ?), etc... mais quelles qu'elles soient le prolétariat en reste "l'éternel" perdant. Il s'agit qu'il prenne, lui, le devant de la scène historique pour faire table rase de ce système décadent.