Alarme, n° 29, juillet-août-septembre 1985 (p. 14). PDF du numéro complet
Au mois d'aout un ouvrier russe s'est réfugié à l'ambassade de France en Russie dans l'espoir de fuir la "patrie du socialisme".
Comme il l'a écrit lui-même "il est un ouvrier tout à fait ordinaire appartenant à cette classe ouvrière que votre parti communiste défini comme la force motrice et d'avant-garde de la société soviétique ... Mais si dans une conversation un ouvrier s'exprime ainsi on le regardera avec étonnement : est-il normal ou idiot ? Et on se moquera ..." Dans cette adresse au comité central du 'P.C' russe il y a ensuite une accusation contre l'injustice, le manque de liberté et l'inhumanité du système.
La patrie des droits de l'homme, symbolisée par l'ambassade de France, enregistre la plainte puis reconduit l'ouvrier à la plus proche station de métro, autrement dit le livre aux autorités russes à l'affut.
Que diable ! Cet homme est vraiment trop ordinaire pour faire l'objet d'une campagne. Comment ose-t'il rivaliser avec les dissidents officiels dont les titres tintent même au sein de la bureaucratie ? D'ailleurs dans la presse occidentale, c'est à peine si l'événement ne frole pas le fait divers. Que notre ouvrier russe apprenne : au pays des droits de l'homme, si un ouvrier s'exprime et revendique au nom de l'humanité on le regarde avec étonnement. Est-il normal ou idiot ? et on se moque ...