Alarme, n° 35, janvier-février-mars 1987 (p. 13). PDF du numéro complet
L'article de "Révolution Internationale", section en France du Courant International qui se prend pour le nombril du monde, dans son numéro de mars 87 est l'exemple parfait de l'auto-satisfaction mise au service de soi-même. La redondance n'est pas de trop ici.
Nous ne voulons pas répandre sur le papier la même quantité de caractères que ceux qu'utilisent les militants de RI pour faire émerger leurs inepties. Déformer les positions d'autrui n'a jamais permis de réaliser une critique constructive sur le contenu de l'intervention au sein du prolétariat. S'il croit qu'en se situant au même niveau que ce que réalise la classe ouvrière actuellement il comprend mieux la situation présente afin de devenir le pôle d'attraction, c'est le problème de RI, pas le nôtre.
Quant à nous, nous sommes convaincus d'avoir fait le nécessaire, sans attendre les 13 jours mentionnés par RI lors de la grève à la SNCF. D'autre part, aucun ouvriérisme, réactionnaire de fait, ne nous empêchera de critiquer la pratique de la seule classe (la nôtre) qui puisse s'émanciper en émancipant la société entière.
Ceci étant, nous n'avons jamais mis sur le même plan la lutte estudiantine en général (qui est a-classiste) et la lutte ouvrière. Il est clair pour nous, tous nos textes et notre praxis l'attestent, que sans l'action dirigeante de la classe exploitée, le prolétariat, aucune révolution sociale n'est possible. C'est pour cela que nous essayons d'intervenir dans des mouvements qui potentiellement peuvent remettre en cause le système du salariat de par la place qu'occupent dans les rapports de production ceux qui les propulsent ou s'y insèrent (donc en priorité les mouvements de la classe ouvrière).
Tels les gauchistes, les militants de RI, "crise économique aidant" s'agitent et interviennent. Mais ils sont plus préoccupés par l'écoute qu'ils peuvent avoir que par les principes érigés vers la destruction du capitalisme mondial, et taisent ce qu'il faut précisément avancer, pour ne pas trop choquer les membres sociologiques d'une classe ayant été contraints de digérer, de reproduire, de suer les idées de la classe dominante qui elle aspire clairement au maintien de l'exploitation de l'homme par l'homme. Alors ne venez pas nous donner des leçons d'anti-syndicalisme !
RI, entre ton nombril et la révolution sociale nous choisissons cette dernière. Toute notre action (qui va forcéament à contre courant dans la situation actuelle) est dirigée vers ce but. Le "milieu politique prolétarien" dont vous parlez, et dont vous pensez être le corps pensant et agissant ne se consolidera pas avec votre attitude si toutefois il existe. S'il est susceptible d'exister, il se manifestera contre les détracteurs.
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